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    EverlingLa contribution à “Il Regime Fascista”

    de Friedrich Everling

    Écrivain et théoricien monarchiste, Friedrich Everling, né en 1891 à Sankt-Goar et décédé en 1958 à Menton, est le fils du théologien protestant et homme politique Ott Everling. Juriste de formation, il embrasse d’abord la carrière diplomatique. Mais, fidèle à ses convictions monarchistes, il refuse de prêter serment à la République de Weimar et devient avocat. De 1924 à 1933, il est député deutschnationaler au Reichstag et y défend les thèses légitimistes les plus tranchées. À la même époque, il édite la revue Konservative Monatsschrift. En 1933, sa carrière de député prend fin et il est nommé Conseiller supérieur au tribunal administratif de Berlin. Son œuvre comprend : une définition de l’idéologie conservatrice une prise de position dans la querelle des drapeaux (or-rouge-noir ou noir-blanc-rouge ?), une défense du principe monarchique, des études sur les états (Stände) dans l’État post-républicain, la structuration organique du “Troisième Reich” (non entendu, au départ, dans le sens national-socialiste bien qu’Everling fera son aggiornamento) qui prendra le relais du Second Reich défunt, etc.

    La signature de Friedrich Everling apparaît le 18 avril 1934 dans Il regime fascista. Son article, intitulé «  I Capi  » (Les Chefs), part d’une réflexion de Heinrich von Treitschke sur les personnalités fortes qui font l’histoire : «  ce sont les personnalités et les hommes qui font l’histoire, des hommes comme Luther, comme Frédéric le Grand et Bismarck. Cette grande vérité héroïque restera toujours vraie. Comment se fait-il que de tels hommes apparaissent, chacun dans la forme adaptée à son temps, voilà qui, pour nous mortels, demeurera toujours une énigme  ». Rappelant que cette phrase avait été écrite de la propre main de Mussolini sur un portrait du Duce offert à l’un de ses amis, Everling cherche à démontrer que ce ne sont pas les masses qui font l’histoire et forment les États, mais que l’idéal du Chef domine l’histoire.

    Des hommes de forte foi et de “long vouloir”

    Se référant ensuite à Gustave Le Bon, auteur de La psychologie des foules, Everling rappelle que ces hommes qui font l’histoire sont des hommes de forte foi et de « long vouloir ». Les Chefs ont pour moyens d’action l’affirmation, la répétition (l’unique mode rhétorique sérieux d’après Napoléon) et la volonté ou la capacité de transmettre quelque chose, une suggestion par exemple. À la base du pouvoir exercé par les Chefs, poursuit Everling dans son article d’Il Regime fascista, toujours en se référant à Le Bon, se trouve le prestige, mode de domination naturel qui paralyse les facultés critiques d’autrui, stupéfie, suscite le respect. Everling prouve ensuite qu’il est lecteur d’Evola, en citant cette phrase d’Imperialismo pagano, qui définit le Chef : «  [Il est d’une] nature qui s’impose non par la violence, non par l’avidité ou par l’habilité à conduire des esclaves, mais en vertu du caractère irrésistible des formes qui transcendent la vie ».

    Évoquant les études de Max Weber sur les figures charismatiques de la politique, Everling rejoint la critique du grand sociologue allemand qui parlait des « chefs par profession mais sans vocation » ; Everling, lui, dit préférer parler des « chefs à salaire ». En conclusion à cet article consacré à la nature et aux vertus du Chef, Everling écrit : « L’idéal du Chef ne peut être véritablement compris que par ceux qui, dans une certaine mesure, le portent déjà en eux. Reconnaître un tel idéal, pour un peuple, signifie un progrès pour le peuple entier. À la suite des nations qui marchent déjà dans ce sens — l’Allemagne et l’Italie — les autres embrayeront le pas ».

    ► Robert Steuckers, Nouvelles de Synergies Européennes n°51, 2001.

     

    « Erasmus DarwinImatz »
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