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    NOUVELLES de SYNERGIES EUROPÉENNES n° 42

    Septembre-Octobre 1999



    NSE

    ◘ SOMMAIRE :

    NSEÉDITORIAL :

    • La guerre intercontinentale de la fin est commencée ! (J. Parvulesco) [lire ci-dessous]


    NSEGÉOPOLITIQUE :

    • Massoud l'Afghan (P. Monthélie)
    • Chroniques afghanes 1965-1993 (PM)
    • Migrations et diasporas (L. Sorel)
    • Nations suicidaires et déclin démographique (YM Laulan)


    NSEHISTOIRE :

    • Sur Sir Oswald Mosley (B. Ducarme)
    • L'Algérie de 1880 à 1920 (P. Monthélie)
    • Les emblèmes de la France par M. Pastoureau (PM)
    • Un photographe allemand en Belgique, 1940-43 (PM)
    • Les scientifiques allemands en France après 1945 (H. Müller)


    NSELITTÉRATURE :

    • La Place Royale n°38 (J. de Bussac)
    • Ret Marut alias B. Traven (M. Sercq)
    • Ernst Jünger : La Paix du guerrier (M. Sercq)
    • Journaux et confessions littéraires (Cercle Prométhée)
    • Drieu La Rochelle, antimoderne et européen (M. Sercq)
    • Henry de Monfreid : flibustier de la Mer rouge (P. Monthélie)


    NSEPHILOSOPHIE :

    • L'affaire Sloterdijk (T. Thaler)
    • Le discours de Sloterdijk à Elmau (B. Müller)
    • La violence totalitaire de Maffesoli (L. Schang)
    • Montesquieu, l'homme et l'héritage (P. Monthélie)
    • Pensée politique traditionnelle de MR Renard (J. de Bussac)
    • Hannah Arendt : l'âge sombre, le paria et le parvenu (R. Steuckers)


    NSERÉGIONS D'EUROPE

    • À la découverte des Basques (PM)
    • La revue franco-limousine Lemouzi (PM)


    NSESOCIÉTÉ

    • La malédiction du Titanic (PM)
    • Sigila n°2 : Biffures et amnésie (PM)
    • Croyances et sociétés (colloque Cesnur) (PM)
    • Éric Werner : De l'extermination (P. Monthélie)
    • Cholestérol : maladie réelle et maladie imaginaire (PM)
    • Le don d'information, résistance à la globalisation (F. Valentin)


    NSETRADITION

    • Les Saintes de la Mer (JdB)
    • Ordos 1,618 : Oghams sacrés (JdB)
    • Hommage à Sigrid Hunke (B. Bühler)
    • Evola : la thèse de JP Lippi (J. de Bussac)
    • Renaissance évolienne en Hongrie (C. Mutti)
    • Relire J. Evola : Sexe et liberté (G. de Turris)
    • Politica Hermetica n°12 : les contrées secrètes (JdB)


    NSEVIE DU MOUVEMENT :

    • Les explorations de l'internaute 1999/5
    • Thèmes pré-sélectionnés pour l'université d'été 2000

     

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    ♦ Nota bene :
    Pour ouvrir les liens vers les articles disponibles, cliquer sur la partie rouge de la ligne de présentation.

    Sur notre couverture : gravure d'Ernst von Dombrowski.

     

    NSE

     

    La guerre intercontinentale de la fin est commencée !

    [Ci-contre : ill. de Zdzisław Beksiński, 1976]

    ParvulescoAvec l'effondrement du Mur de Berlin en 1989, le cycle politico-his­to­rique de “l'après-guerre”, commencé en 1945, venant de prendre fin, un bref interrègne a-historique s'en était ensuivi, pendant lequel l'histoire mondiale s'en était trouvée comme provisoirement sus­pendue dans sa marche en avant. Interrègne qui prend fin, aujour­d'hui, avec les débuts de l'ère des conflagrations intercontinentales planétaires entamée par l'actuelle agression anti-européenne directe des États-Unis dans le Sud-Est de notre continent. En effet, la guerre anti-européenne — en fait, anti-grand-continentale — menée, actuel­le­ment, par les États-Unis, au Sud-Est de l'Europe, contre la Serbie, re­présente le commencement — l'enclenchement politico-militaire di­rect, et tout à fait à découvert — du grand cycle des conflagrations in­ter­continentales planétaires qui, dans les prochaines années à venir, vont devoir opposer l'unité impériale européenne grand-continentale à l'entreprise impérialiste d'hégémonie planétaire totale poursuivie, de­puis 1945, par les États-Unis, ou plutôt par ce que Bill Clinton vient d'appeler, déjà, la « Superpuissance Planétaire », agissant au servi­ce de l'idéologie démocratique mondialiste des “droits de l'homme” (en réalité, l'idéologie subversive fondamentale de l'Anti-Empire, de l’« Em­pire du non-être »).

    Dans l'état présent des choses, deux enseignements essentiels se dé­gagent analytiquement de l'agression anti-européenne des États-Unis, actuellement en cours :

    • 1) La situation d'inconcevable mainmise des États-Unis sur l'en­sem­ble des moyens de communication européens, presse, radio, télé­vi­sion, ensemble entièrement contrôlé par l'appareil souterrain d'em­prise et d'encadrement à la disposition de la ligne politique offensive an­ti-européenne de Washington.

    • 2) L'assujettissement intégral, à la ligne offensive anti-européenne de Washington de l'ensemble des infrastructures politiques de gou­ver­nement de la social-démocratie partout au pouvoir en Europe, en Grande-Bretagne, en France, en Allemagne, en Italie, etc.

    À ce titre, l'actuel renversement des positions politiques de base de la France et de l'Allemagne — pourtant pré-engagées sur des posi­tions essentiellement anti-américaines de par leur participation même au Pacte Carolingien franco-allemand, base fondationnelle originelle de l'unité impériale européenne grand-continentale — apparaît com­me extraordinairement flagrant : la France et l'Allemagne qui, nor­ma­le­ment, auraient dû se trouver à l'avant-garde de la ligne de résis­tance européenne grand-continentale face aux tentatives en cours de l'emprise américaine sur l'Europe, se retrouvent, en ce moment, au con­traire, et très paradoxalement, à la pointe de l'assujettissement aux actuelles positions anti-européennes offensives de Washington. La ligne géopolitique grand-continentale eurasiatique du "grand gaul­lisme" se voit ainsi non seulement abandonnée, mais totalement re­tournée, changée en son propre contraire.

    À telle enseigne que l'on se trouve puissamment tentés de se de­man­der — et cela est vrai, d'évidence, plus particulièrement encore pour la France — si à l'arrière-plan de la situation présente — à l'ar­riè­re-plan des changements, des renversements, apparemment in­com­préhensibles, de la ligne politique conductrice de leur attitude — il n’y avait pas de raisons, des “anti-raisons", des "raisons autres”, pro­fondément dissimulées, inavouables et inavouées dans le contexte présent, des raisons ayant très occultement eu à présider aux choix inconcevables de la France — et de l'Allemagne aussi — face à l'ac­tuelle tentative américaine de mainmise offensive sur l'Europe.

    L’action contre la Serbie pourra se répéter contre n’importe quelle puissance européenne

    Car un troisième enseignement, moins discernable, peut-être, que les deux précédents, se dégage également de l'actuelle initiative politico-militaire américaine en Europe, à savoir celui de la dialectique de défi et de menace sous-entendue, présents dans l'action stratégique, à tous égards exemplaire, ainsi entamée par les États-Unis au Sud-Est de notre continent. Ce troisième enseignement serait alors le sui­vant : que ce que les États-Unis sont actuellement en train de faire contre l’insoumission de la Serbie à la volonté mondialiste subversive de la « Superpuissance Planétaire »,  la « Superpuissance Plané­tai­re » pourrait entreprendre de le faire également, quand l’occasion se pré­sentera, contre n'importe laquelle des nations européennes, et mê­me contre l'ensemble de celles-ci (et plus particulièrement contre la France, l'Allemagne et la Russie, qui sont, chacune de leur côté et, surtout, ensemble, des « puissances décisives »).

    Il ne semble donc pas du tout qu'il fût impossible que le choix d'as­sujettissement politique forcené — mais après tout, des faux choix peut-être, des leurres politico-stratégiques de circonstance — qui sont aujourd'hui ceux de la France et de l'Allemagne à l'égard de la vo­lonté offensive des États-Unis dans le Sud-Est européen ne re­pré­sentent, en réalité, que des options opératives de décalage, de di­ver­sion préventive, de tergiversation et de mise en retard stratégique des­tinées à gagner du temps, à contrer d'avance toute éventuelle ex­ten­sion à venir du champ de l'action offensive américaine en Europe. En effet, les États-Unis viennent de prouver qu’ils disposent d'un nom­bre absolument dramatique de longueurs d'avance par rapport à l'Eu­rope, et surtout par rapport à nos propres projets d'une Grande Eu­rope, d' Europe grand-continentale eurasiatique. Or, à l'heure pré­sen­te, c'est avant tout autre chose à ce dramatique retard qu'il nous faut faire face. Par n'importe quels moyens, et en prenant n’importe quels risques. C'est une affaire de destin, une affaire de destin final.

    Alain Peyrefitte : « Jamais l'évidence de la prise de possession de l'Europe par Washington n'a été aussi mortifiante » (Le Figaro, 15. IV. 1999).

    Une pénétration militaire offensive en Europe

    Car le choix des Balkans comme zone d'intervention politico-militaire directe de États-Unis en Europe ne laisse d'être extrêmement révé­la­trice. Le Kosovo et, derrière celui-ci, la « Grande Albanie » et la Bos­nie, enclaves islamistes en Europe, vont devoir servir aux plans de la grande stratégie politique américaine de pénétration militaire offen­sive en Europe au titre de bases d'implantation et de rayonnement, établissant un lien subversif permanent, à travers la Turquie, avec la chaîne de présence contre-stratégique américaine longeant l'en­sem­ble du flanc Sud de la Russie, où les républiques islamistes de l'an­cien­ne URSS se trouvent actuellement travaillées à fond par les ser­vices spéciaux de Washington, et où des grande bases stratégiques mi­litaires américaines sont en train d'être implantées d'urgence.

    C’est en effet par une prise de position dans le Sud-Est du terri­toire visé que la géopolitique confidentielle américaine entame tou­jours le processus de sa pénétration, et de l'investissement con­tinental de grande envergure ultérieure. Tout comme dans le Sud-Est asiatique, au Vietnam, l'établissement d'une tête de pont po­litico-militaire au Sud-Est de l'Europe, dans les Balkans, révèle l'in­tention d'un projet américain d'investissement continental total. Si ce qui a été ainsi mis en branle par Washington n'est pas contré, n'est pas arrêté à temps, le sort de l’Europe — de la Grande Europe de di­men­sions continentales eurasiatiques — est scellé, ses destinées anéan­ties. Car tel est l'ultime but de guerre des États-Unis, de leur guerre politique totale actuellement déjà en cours.

    À part l'intensification de plus en plus poussée du travail de la résis­tan­ce européenne au double niveau, idéologique et immédiatement pol­itique, travail révolutionnaire que l'on doit considérer, dans les cir­con­stances présentes, comme un travail confidentiel, voire même tout à fait souterrain, et qui marque l'heure de l’émergence activiste de l'ensemble de nos “groupes géopolitiques”, de Lisbonne à Mos­cou, l'effort européen d'ensemble concerne la bataille actuelle pour la surqualification de l'Union Européenne, à laquelle il faut obtenir que l'on confie l'administration provisoire du Kosovo, ce qui bloquerait, sur pla­ce, les manœuvres directes des forces américaines d'ingérence. Or c'est bien ce que Jacques Chirac a demandé, et obtenu, lors de la réu­nion des chefs d’État et de gouvernement qui s'est tenue, le 14 avril dernier, à Bruxelles, pour le sommet d'urgence de l'Union Eu­ro­péenne.

    Un effort européen d’ensemble

    L’effort européen d'ensemble, ai-je dit. Il s'agit là d'un nouveau con­cept de combat révolutionnaire pour la libération politico-histo­ri­que finale de l'Europe grand-continentale, de dimensions eurasia­ti­ques, combat qui doit inclure, fondamentalement, la participation ef­fec­tive, immédiate et à part entière, totale, de la Russie. Dans ce sens, les efforts actuels de la France en faveur de l'intégration de la Rus­sie au nouveau dispositif politico-stratégique européen en voie de con­stitution est un signe majeur, un signe prémonitoire de notre pro­chain réveil révolutionnaire supra-historique.

    Contrairement aux allégations de Samuel Huntington, l'orthodoxie ne re­présentera pas, à l'heure des retrouvailles grand-continentales eu­ra­siatiques des nôtres, une ligne de rupture infranchissable : au con­traire, la mobilisation transcendantale de l'éthos européen abyssal pro­voquée par la tentative américaine d'assujettissement du Grand Con­tinent fera que l'Europe catholique de l'Ouest et que l'Europe or­tho­doxe de l'Est y retrouveront, providentiellement, l'unité antérieure d'une même foi et d'un même destin. Unité impériale, foi impériale et destin impérial, encore une fois et, cette fois-ci, définiti­ve­ment. Ce qui doit se faire se fera, ce qui doit se faire est déjà en train de se faire, on le sait.

    ► Jean Parvulesco, éditorial de Nouvelles de Synergies Européennes n°42, 1999.

     


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