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    Nouvelles de Synergies Européennes n°32

    Janvier-Février 1998

     

     

    ◘ SOMMAIRE :

    ÉDITORIAL :

    • Pour de nouvelles élites (G. Syncir) [lire ci-dessous]
    • Les fondateurs de la ND européenne transmettent le flambeau à Synergies (GS)

    GÉOPOLITIQUE :

    • L’Asie centrale : histoire et civilisations (PM)
    • Géopolitique n°59 : La crise du politique (PM)
    • L’Islam et les États-Unis contre l’Europe ? [sur A. del Valle] (PM)

    HISTOIRE :

    • Che Guevara, Arbre de vie (PM)
    • La Chasse hongroise (1941-1945) (PM)
    • 1937 : les Japonais entrent en Chine (A. Kilic)
    • La lutte du Japon contre les impérialismes occidentaux (RS)

    IDÉOLOGIE :

    • Pour une nouvelle définition du nationalisme (R. Steuckers)
    • Vers un manifeste européen du groupe britannique “Third Way” ? (A. Rankin)

    LITTÉRATURE :

    • Céline : Histoire du petit Mouck (PM)
    • André Malraux ou la quête de sens (L. Schang)
    • Kerouac : l’écrivain de la “Beat Generation” (T. Hinz)
    • Marko Marulic, poète de la Renaissance en Croatie (PM)
    • Joseph Kessel : L’Aéropostale ou l’esprit du désert (L. Schang)
    • Veillons au salut de l’Empire ! [sur JC Albert-Weil] (P. Canavan)
    • Amor Fati : “Antigone” de H. Bauchau et “Kali” de Y. Dimay (A. Munsbach) 

    PEUPLES DU MONDE :

    • Ken Harper : Minik, l’esquimau déraciné (P. Monthélie)
    • L’association Roger Garaudy pour le dialogue des cultures (PM)

    PHILOSOPHIE :

    • Socrate ou la pesée de l’âme (JdB)
    • Pourquoi relire Aristote ? (J. de Bussac)
    • Philosophes de l’environnement (P. Monthélie)
    • Philosophes européens face au bouddhisme (JdB)
    • “Politica Hermetica” : Le pouvoir du symbole (JdB)
    • C. Pinkola Estés : Femmes qui courent avec les loups (JdB)
    • Wilhelm Reich ou l’érotisme de la “croix gammée” (E. Seidel & W. Olles)

    SOCIÉTÉ :

    • La république des Cannibales (C. Risé)
    • Les Héros ? De sympathiques canailles (C. Risé)

    ARTS :

    • Nouvelle Musique : Vaws présente “Riefenstahl” (LS)
    • Le paysage en France et en Allemagne vers 1800 (PM)
    • Bretagne : Hommage à Alain Guel, poète, écrivain et peintre (JdB)

    TRADITIONS :

    • Le Sûtra du Lotus (JdB)
    • Une vision traditionaliste sur le destin de la France (PM)

    VIE DU MOUVEMENT :

    • Rapports de la FACE : activités de nov. et de déc.1997
    • Programme pour l'université d'été de Synergies Européennes, juillet 1998
    • Spécial “Foire de Francfort” : Histoire / Philologie / Philosophie / G. Bataille / Brian Moore / Soupault (RS)

     

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    ♦ Nota bene : Pour ouvrir les liens vers les articles disponibles, cliquer sur la partie rouge de la ligne de présentation.

    Sur notre couverture : La Mer (circa 1975) du peintre français Charles Levier (1920-2003). T. Demaubus écrit dans Valeurs de l’art (n°39, 1996) : « La peinture de Lavier possède la simplicité des contours qui existe chez Gauguin. Toute la force du trait et l'expressivitéé de la forme dans ses tableaux évoquent la puissance du trait d’un Daumier et la gaieté d’un Constantin Guys. Raffinée et pleine de tempérament, la peinture de Levier continue de ravir les collectionneurs du monde entier ».

     

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    spqrPour de nouvelles élites

    Lors du séminaire de Synergies-Île-de-France, le 26 octobre dernier, un orateur a évoqué l’un des livres récents de Hans-Peter Schwarzer, haut fonctionnaire du ministère des Affaires étrangères en Allemagne, ami d’Ernst Jünger, biographe d’Adenauer, en place depuis les années 60. Dans cet ouvrage, l’auteur démontrait que l’Europe en construction aura bien du mal à se parachever, vu le manque d’élites compétentes et surtout d’élites multilingues, capables de comprendre voisins et partenaires, capables de développer les synergies que nous appelons de nos vœux.

    Lors du séminaire de Synergon-Deutschland, les 22 et 23 novembre derniers, où nous étions venus des quatre coins de l’Europe pour écouter les communications de nos orateurs, la notion d’“élites sans projet” a été explicitée. Cette définition critique des élites en place aujourd’hui, dans tous les pays d’Europe, a été émise, nous a-t-on précisé, par des représentants importants des gouvernements allemands actuels ou par des figures de proue de l’opposition socialiste. Dans le camp du pouvoir aussi, chez les rares clairvoyants qui y font carrière, le spectre du déclin est envisagé avec inquiétude.

    En effet, le monde dans lequel nous entrons sera régi par des paramètres complètement différents. Nous sortons d’une société d’abondance, où la référence politique était l’État national ou multinational, et nous entrons dans un monde ouvert et inquiétant, dans la jungle de la globalisation ou dans le marché planétaire. Dans ce changement d’échelle, l’incertitude du lendemain professionnel sera le lot de chacun, forçant le citoyen et le travailleur à ne plus sombrer dans une mortelle quiétude, à être perpétuellement en état d’alerte, à se former et se reformer continuellement à l’école, à l’usine ou à l’atelier. Les élites fatiguées et les peuples perplexes d’aujourd’hui ont été formés psychologiquement et politiquement dans les décennies de l’affrontement Est-Ouest. Les États-Unis restent vainqueurs sur le ring. Ce calme soudain laisse groggy tous ceux qui ont été incapables d’anticiper un autre monde, un monde plus divers. Les cadres de la vieille Europe occidentale cherchent une boussole. Leur formation insuffisante les empêche de comprendre la nouvelle donne. Leurs argumentaires battent de l’aile.

    Nous avions refusé, pendant toute la durée de la guerre froide, d’opter pour la peste soviétique ou le choléra américain. Nous n’avons cessé de parler de l’Europe, de la future grande Europe à bâtir (Thiriart), de l’Europe Totale (Harmel, Adriaenssens). Nous étions conscients d’une leçon que nous avaient apprise dans le sang et la misère les deux guerres mondiales : depuis 1918 et 1945, l’Europe est une unité stratégique, un territoire indivisible sur le plan militaire, une territoire où toute fragmentation future est grosse du risque suprême — la disparition physique pure et simple de ses habitants, vu les possibilités de l’arme nucléaire. Les pacifistes et les neutralistes des années 80 l’avaient bien compris et nous, au moins, nous les avons écoutés attentivement. La leçon de 1945, est terrible par le prix qu’elle a coûté, mais exaltante par les perspectives d’avenir qu’elle nous a ouvertes. Elle nous a rendus dédaigneux des plats qui nous étaient offerts par Washington et par Moscou. Nous en étions clairement ou confusément conscients, selon notre jeune âge ou notre maturité : la pensée ne pouvait s’attarder à répéter les mots d’ordre en place, à conforter ce duopole planétaire générateur de scléroses, étouffoir de diversités fécondes ; la pensée ne pouvait s’engager dans ces combats stériles de Truman ou de Brejnev, s’enliser dans cette lutte qui paralysait et mutilait notre terre d’Europe, la scindait en deux grapelettes d’appendices privés de souveraineté.

    Aujourd’hui cette hypothèque est levée. Nous nous retrouvons aux portes d’un monde nouveau. Comment parler et être entendu au XXIe siècle ? Voilà la question cruciale à laquelle nous sommes contraints de répondre tout de suite. Notre réponse commence par trois remarques.

    • Première remarque : tous les ingrédients sont là, sont à notre disposition, pour penser l’Europe au XXIe siècle. Jamais les rayons des bibliothèques et des éditeurs n’ont été aussi surchargés d’ouvrages intéressants, prospectifs, fondateurs. Jamais autant de géopolitologues n’ont tiré les conclusions qu’il fallait pour redémarrer le déploiement territorial de la puissance européenne sur mer comme sur terre. Jamais les philosophes ne nous ont proposé autant de pistes pour sortir des schémas de la modernité, des dualismes incapacitants. Jamais les historiens ne nous ont livré un regard aussi acéré sur le devenir européen que nous laissons derrière nous, avec beaucoup de larmes et de ruines. Dans le monde universitaire et dans le monde des auteurs, la lucidité est aussi présente qu’elle est absente dans le monde politique, tout occupé à répéter ad nauseam ses poncifs éculés. Notre tâche, en publiant notre bulletin et en organisant nos séminaires, c’est de rendre compte, pour les nôtres, de cette fantastique effervescence. De participer à sa diffusion, à son amplification.

    • Deuxième remarque : cette formidable effervescence est camouflée derrière les fumées du discours médiatique et derrière la panade insipide que distillent nos établissements d’enseignement. Ce discours s’abreuve à deux sources : les officines des puissances qui ne veulent pas la réémergence de l’Europe et les officines des partis en place, dont le langage est totalement inadapté au changement de donne. Nous vivons dès lors un paradoxe de taille : la prise de conscience au plus haut niveau intellectuel est grosse de potentialités révolutionnaires ; le discours tenu officiellement montre ses insuffisances mais s’accroche, têtu, à un pouvoir qu’il ne mérite plus. L’enseignement est à la remorque de ce pouvoir, sa déliquescence ne permet pas un renouvellement d’élites aptes à s’adapter plastiquement aux innovations qui recouvrent notre monde, fulgurance après fulgurance. Normal : le pouvoir, tenu par des médiocres, ne va pas laisser proliférer des bandes de jeunes loups audacieux qui viendront les déloger de leurs sinécures. L’enseignement a été pourri délibérément, par calcul politicien. Les médias sont aux mains d’un pouvoir politique dont la marque de Caïn est d’avoir toujours été collaborationniste. De Washington à l’Ouest. De Moscou à l’Est. Les personnages qui ont incarné le pouvoir après la chute des collaborationnistes pro-allemands sont les collabos pro-américains ou pro-soviétiques, revenus dans les fourgons d’armées étrangères, avec les cantinières, le bric-à-brac des arrières, les réserves bien fournies des marchands de limonade et de gommes à mâcher en quête de nouveaux marchés. Ou leurs ayant-droits. Leurs valets. Les valets de leurs valets. La principale tare de cette valetaille, c’est de ne pas avoir de conscience européenne. Le principal crime de cette valetaille, c’est de tuer l’esprit européen dans le cœur et dans le cerveau des jeunes générations.

    • Troisième remarque : parmi ceux qui ont prétendu défendre l’idée européenne, nous avons rencontré beaucoup de faux prophètes. Qui sont venus nous solliciter avec leur pacotille, leurs images d’Épinal, leur grandiloquence, leurs phrases creuses. Leur fréquentation nous a laissé beaucoup d’amertume, de désillusions. Mais elle a renforcé notre lucidité : il y avait les faux communistes de Washington, il y a aujourd’hui les fondamentalistes islamistes de Washington, il y a eu et il y a sans doute aussi les européistes de Washington et de certains services de diversion, manipulés par de basses polices. Il faut être conscient de leur présence et de leur nuisance.

    Mais en marge de l’engeance collaborationniste que nous dénonçons, il y a quelques cerveaux hardis, quelques lucides qui ont compris qu’à la place des “élites sans projet”, il faut des élites compétentes, animées par une éthique de la responsabilité. Il est temps ! Grand temps ! Notre travail, c’est de participer modestement, dans notre coin, plantés sur notre créneau à l’avènement de cette lucidité européenne.

    ► Gilbert Sincyr.

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    Les fondateurs de la Nouvelle Droite européenne transmettent le flambeau à Synergies

    Un pas symboliquement très important vient d’être franchi en Allemagne le 23 novembre 1997. Les fondateurs de la “Nouvelle Droite” européenne ont fusionné avec Synergies européennes, pour poursuivre leur œuvre métapolitique en Europe. En effet, c’est Marc Lüdders, Président de Synergon-Deutschand, et vice-président du Directoire Européen de Synergies qui a été élu Président de la DESG (Deutsch-Europäische Studien-Gesellschaft). La fondation de celle-ci a été précédée par la publication de la revue Junges Forum ; elle est l’association fondatrice de la “nouvelle droite” en Europe (elle fut en effet la première initiative à recevoir ce label). La revue a été créée en 1964 à Hambourg, sous l’impulsion de diverses personnalités : Singer, Penz, Meinrad, Waldmann, Epstein et Strauss. Elle a défendu un corpus doctrinal “bio-humaniste”, approfondi les thèses de Max Weber et de Konrad Lorenz, forgé le concept d’ethnopluralisme, réclamé l’avènement d’un socialisme européen inspiré de Lassalle et du Tchèque Ota Sik, plaidé pour l’approfondissement des philosophies de Hegel, Dilthey, Husserl, Gadamer, Bullnow, Bergson et toutes les formes d’existentialisme. Au cours du séminaire de novembre 1997, conjointement organisé par la DESG et Synergon en la présence de délégations de Vienne et de Hongrie, du Prof. J.-P. Allard, de Gilbert Sincyr et de Robert Steuckers, les axes principaux de notre combat ont été réaffirmées : diffuser et imposer notre projet politique européen, défendre les identités populaires et locales, encourager la renaissance des communautés territoriales et professionnelles, revivifier la sacralité naturelle et traditionnelle des Européens, etc. pour marquer l’importance de cette évolution structurelle, il a été décidé de ne plus se référer au terme de “nouvelle droite”, qui appartient désormais au passé. Dorénavant, il convient d’utiliser l’appellation “Mouvement Synergétique Européen”. Ce mouvement englobe donc toutes les sections de Synergies Européennes et celles de la DESG, bouclant ainsi une fusion voulue à l’unanimité. Au fil des prochains numéros de NdSE et de DESG-lnform, les principes, projets et objectifs du mouvement seront précisés. (GS)

     


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