• Mondialisme

    L’avenir de la Serbie préfigure le prochain avenir de l’Europe et du monde

     

    ♦ 1. La dialectique subversive américaine des “précédences établies” ♦

    L’intervention politico-militaire de la “conspiration mondialiste” contre la Serbie, effectuée par la “superpuissance Planétaire des États-Unis” à travers l’OTAN et avec l’intolérable complicité politique des régimes social-démocrates européens, marque un rupture absolument décisive à l’intérieur de l’actuelle histoire mondiale en cours : la terreur démocratique planétaire ayant jeté bas son masque, s’est pour la première fois montrée tout à fait à découvert, signifiant ainsi que ce qui venait d’arriver à la Serbie risquait désormais d’arriver, aussi, à tout instant, à n’importe quel autre pays européen qui se mettrait en contradiction avec les doctrines équivoques du “nouvel ordre mondial” décrétées par Washington, et par ce qui se cache derrière les nouvelles options impérialistes totalitaires de Washington.

    Ainsi les États-Unis viennent-ils de s’offrir, après leur intervention politico-militaire de fait en Serbie et à la suite de leurs autres interventions, en Irak et en Bosnie, les armes politiques de l’acceptation en droit, par précédence établie, de leur propre impérialisme planétaire en action. La voie est désormais ouverte à toute intervention politico-militaire de Washington dans le monde.

    Si on laissait faire, l’actuel destin de la Serbie préfigurerait le prochain avenir de l’Europe et du monde : la soumission sans conditions aux volontés politiques, économiques et culturelles, voire religieuses du complot mondialiste en cours régi par la “superpuissance Planétaire des États-Unis”.

    Social-démocratie et “démocratiquement correct”

    Aussi l’état de permanente agression politico-militaire entretenu actuellement par la “conspiration mondialiste” des États-Unis à l’égard du continent européen exige-t-il une réponse contre-stratégique immédiate et totale de la part des puissances agressées, la constitution d’un front révolutionnaire de résistance européenne grand-continentale, eurasiatique, comprenant la Russie, ainsi que l’Inde et le Japon. Front de résistance révolutionnaire européenne grand-continentale à mettre d’urgence en relation directe avec la contre-action d’ensemble qui reste à susciter également au sein des puissances appartenant à l’espace géopolitique de l’Amérique Romane, espace immédiatement concerné par l’ingérence permanente de la “conspiration mondialiste” dans l’hémisphère australe aussi, ingérence particulièrement active, suractivée, ininterrompue.

    Afin que le “grand dessein” hégémonique de la “conspiration mondialiste” soutenue par la “Superpuissance Planétaire des États-Unis” puisse être effectivement mis en action les services politiques spéciaux de Washington ont longuement travaillé à l’installation au pouvoir, subversivement, d’une chaîne de régimes social-démocrates partout e Europe et en Amérique Romane, conçus, ces régimes d’intervention clandestine, pour qu’à travers leur entier assujettissement à la ligne politique de l’étalon du “démocratiquement correct” dictée par les États-Unis, un barrage permanent puisse être dressé face à toute velléité de résistance de la part des puissances nationales agressées, prises dans le piège ontologique de l’état de fait, du fait accompli par surprise et sans qu’il n’y ait la moindre réaction défensive continentale commune, l’ensemble des régimes agressés se trouvant en état de complicité totale avec l’agresseur. Ce fut notamment le cas de la France, pendant les grèves syndicalistes insurrectionnelles contre les réformes administratives de structure proposées par Alain Juppé.

    Suite donc au travail spécial, sur place, des services politiques secrets de Washington ayant réussi à installer partout, dans les zones visées, des régimes social-démocrates dans leur entière obédience politique, la “conspiration mondialiste” a pu gagné la première manche, emporter la première phase préliminaire de la troisième guerre mondiale — la guerre intercontinentale de la fin — sans hostilités ouvertes, en évitant les engagements politico-militaires qui eussent été nécessaires pour réduire directement, par la force des armes, la résistance nationale des zones géopolitiques concernées par l’action impérialiste préconçue de Washington, qui s’y trouvait déjà engagée.

    La guerre de l’ombre à l’échelle planétaire

    De cette manière, Washington disposait donc d’une guerre politique gagnée d’avance face à l’ensemble géopolitique planétaire directement concerné par l’actuelle entreprise impérialiste de la “conspiration mondialiste” : en effet, Washington venait ainsi d’inventer, et de mettre aussitôt à l’œuvre un nouveau type de guerre politique planétaire, la guerre clandestine, la guerre souterraine des services politico-stratégiques secrets. La guerre qui n’est plus une guerre, la “guerre de l’ombre” à l’échelle planétaire.

    Ce changement est absolument capital, qui, du point de vue de Washington, vient de transformer la nature même de l’espace politique planétaire, dont les responsables cachés de Washington font un espace intérieur de la puissance propre des États-Unis où les guerres extérieures des États-Unis deviennent de par cela même des opérations de sécurité politique intérieure américaine. Nous arrivons ainsi à la dialectique hautement subversive de “l’empire invisible”. Mais dialectique non moins immédiatement opérative. L’histoire actuelle n’est plus, à son niveau planétaire, que l’histoire de “l’empire invisible” de la “conspiration mondialiste”. L’histoire occulte d’une toute-puissance invisible, l’histoire invisible d’une toute-puissance occulte.

    ♦ 2. Sur les nouvelles stratégies en action des services spéciaux des États-Unis ♦

    Un vaste bouleversement de la stratégie politique offensive planétaire des États-Unis a récemment fait que, dans le plus grand secret, le centre de gravité de l’ensemble de l’action politico-stratégique de Washington s’est déplacé du domaine de la puissance d’affirmation militaire de sa volonté de domination à celui de sa puissance subversivement clandestine et des actions propres à celle-ci, une réorganisation en profondeur de ses services d’action politique spéciale s’en étant immédiatement suivie. Ce qui fait qu’à l’heure présente, ce sont les services secrets de Washington qui se trouvent en charge de la guerre impérialiste planétaire de la “subversion mondialiste” et de ce qui se dissimule derrière celle-ci, des services secrets puissamment reconsidérés quant à leurs buts assignés, quant à leurs missions d’ensemble et quant à leurs structures politico-administratives intérieures désormais directement à la disposition de la Maison Blanche.

    À l’abri de la fiction diversionniste de la soi-disant toute-puissance de la CIA, des nouvelles structures d’action politico-stratégique souterraine de Washington, surpuissantes, mènent le même combat en continuité. Des nouvelles structures d’action politico-stratégiques surpuissantes dont on ne sait pratiquement rien encore, mais dont on peut éventuellement mesurer l’efficacité exceptionnelle, tout à fait redoutable, à travers certaines de leurs récentes entreprises de terrain.

    En guise de coupe spectrale à travers ces réalisations de terrain, j’en citerai ci-dessous trois exemples des plus significatifs.

    Grèves insurrectionnelles dans la fonction publique en France

    (1) Le déclenchement de la série de grandes grèves insurrectionnelles de la fonction publique en France qui, en bloquant le train des réformes administratives de fond préconisées par Alain Juppé, premier ministre en charge à ce moment-là, avait poussé — obligé — Jacques Chirac à dissoudre l’Assemblée Nationale et procéder à des élections législatives anticipées, ce qui, suivant un scénario calculé d’avance, devait faire sauter le barrage national gaulliste et provoquer l’avènement du régime social-démocrate actuellement encore au pouvoir. On sait en effet que depuis les temps de la “guerre froide”, l’ensemble des grandes infrastructures du dispositif syndicaliste français se trouvent dans un état d’entière dépendance souterraine à l’égard des servi ces politiques secrets de Washington qui, le moment voulu, n’avaient eu qu’à les faire agir dans le sens de leur propre stratégie de déstabilisation abrupte et pratiquement totale du régime national gaulliste alors en place, mais réduit en dernière instance à démissionner pour céder la place au régime social-démocrate destiné à installer l’actuelle politique de soumission sans réserves à la ligne de conduite dictée par la “conspiration mondialiste”.

    Des scénarii analogues avaient en même temps été mis en exécution, aussi, en Amérique Romane, en Argentine, au Chili, etc. À ce propos, il me semble chose extrêmement importante que de retenir le fait de la parfaite identité de traitement, de procédure subversive spéciale et de contrôle dissimulé que Washington utilise à l’égard à la fois de l’Europe de l’Ouest et de l’Amérique Romane, la dialectique du remplacement souterrainement commandé des régimes nationaux manifestant des velléités d’indépendance, de résistance à l’emprise de la “subversion mondialiste”, apparaissant comme étant tout à fait la même dans un cas comme dans l’autre.

    Car, sans la complicité entière des régimes social-démocrates subversivement mis en place par Washington, rien n’aurait été possible de ce que Washington est parvenu à faire en Irak, en Bosnie, dans le Kosovo et, finalement, en Serbie, où l’Europe s’est trouvé attaquée dans le Sud-Est de son continent non seulement sans broncher, mais en apportant tout son soutien politique — voire même militaire — à cette attaque à découvert, qui, dans des conditions normales, eût dû être à même de provoquer la riposte politico-militaire intercontinentale qui s’imposait de toute évidence.

    La déstabilisation du régime Milosevic

    (2) La déstabilisation subversive du régime de Slobodan Milosevic, actuellement au pouvoir à Belgrade, ne saurait s’expliquer, aussi, que par l’action sur le terrain des nouveaux services secrets politico-stratégiques de Washington. Des soi-disant “règlements de comptes intérieur du régime” éliminent, en effet, depuis un certain temps, un par un, dans une série de mystérieux attentats ponctuels répétitifs, les éléments de base du soutien politique au régime national-révolutionnaire de Slobodan Milosevic. Et que tout cela puisse se produire à l’intérieur d’un régime très extraordinairement encadré par des services de sécurité politiques et militaires plus que redoutables, assurant un verrouillage quasiment total du territoire national, en dit long sur les performances opératives, d’infiltration et de manœuvre à couvert, des nouvelles structures d’action politico-stratégique clandestine mises en ligne actuellement par Washington, qui semblent donc en mesure de tout se permettre, ou presque. Ce qui est fort révélateur quant au degré des changements intervenus dans l’organisation intérieure des services secrets politico-stratégiques de Washington, suivant la perspective de leurs nouvelles missions décisives, destinées à assurer confidentiellement la poursuite de la grande politique planétaire des États-Unis. Des changements conçus pour qu’ils puissent parvenir à changer l’identité finale de ce monde.

    Le “Mouvement du 17 novembre” en Grèce

    (3) Je citerai également les menées clandestines du soi-disant “groupe terroriste anti-impérialiste” dit du “Mouvement du 17 novembre” agissant en Grèce, et plus particulièrement le fait du récent assassinat de l’attaché militaire britannique à Athènes, Stephen Saunders. Car on s’accorde désormais pour dire que, derrière la façade diversionnelle du soi-disant “groupe terroriste anti-impérialiste” du “Mouvement du 17 novembre”, se dissimulent en réalité des structures politico-stratégiques spéciales, ultra-secrètes, manipulées par les services secrets de Washington.

    « Tous les attentats imputés au Mouvement du 17 novembre ont toujours servi objectivement, que ce soit sur le plan stratégique ou tactique, les intérêts des États-Unis ». Et aussi : « Le Mouvement du 17 novembre existe depuis 1974. Ses membres, qui avaient sans doute une vingtaine d’années à l’époque, sont donc âgés de quarante-cinq ans au minimum. C’est sans exemple dans l’histoire du terrorisme international ». D’autre part : « Le Mouvement du 17 novembre a pu échapper aux recherches après avoir tué à vingt-trois reprises et provoqué des centaines de blessés sans qu’aucun de ses membres soit identifié. C’est également sans exemple » (Le Libre Journal, Paris, n°213, juillet 2000).

    En plus, on sait que Stephen Saunders, qui avait servi en Yougoslavie, avait constitué un “dossier réservé” sur les activités secrètes des services spéciaux américains, qu’il s’apprêtait précisément à rendre public, et que ses positions anti-américaines allaient en se raidissant à mesure que les pressions occultes américaines à son sujet se manifestaient de plus en plus ouvertement. Et qu’il était en train de constituer confidentiellement autour de lui un groupe de soutien politico-militaire, comprenant de officiers appartenant à plusieurs armées européennes, destiné à relayer, intensifier et diffuser ses propres positions anti-américaines et contre l’emprise subversive du commandement politique de l’OTAN.

    Il apparaît d’autre part comme un fait certain que, bien plus que ses précédentes interventions politico-militaires en Irak et en Bosnie, l’agression contre la Serbie de la “subversion mondialiste” ayant utilisé, pour ce faire, les structures opératives de l’OTAN, aura au moins eu le mérite, pour nous autres, de dévoiler les véritables dimensions de l’emprise de Washington sur l’ensemble des instances politiques et médiatiques décisives de l’Europe de l’Ouest.

    Une tête de pont dans le Sud-Est européen

    Dès le premier jour et jusqu’à la fin des opérations contre la Serbie, l’ensemble du dispositif médiatique de l’Europe de l’Ouest — presse, radio, télévision, sans aucune exception — s’est automatiquement et paroxystiquement trouvé mobilisé au service de l’intervention de la “subversion mondialiste” dans le Sud-Est du continent européen, de même que l’ensemble des régimes social-démocrates européens en place, qui se sont totalement investis dans la dialectique de leur propre assujettissement à la politique d’agression anti-européenne des États-Unis en Serbie, faisant ainsi inconsciemment assaut de leurs servitudes démissionnaires à l’égard d’une action à travers laquelle — paradoxalement, suicidairement — ils s’attaquaient eux-mêmes en s’attaquant à l’intégrité politique de l’espace continental européen, complices et outils de la grande offensive anti-européenne menée par les États-Unis lors de l’établissement par ceux-ci de leur tête de pont dans le Sud-Est du continent européen, en Bosnie et au Kosovo.

    Supplétifs donc des États-Unis lors de leur agression contre l’Europe, les régimes social-démocrates européens, ayant ainsi participé politiquement et militairement à une entreprise de guerre d’une puissance étrangère contre leur propre continent, se sont rendus coupables de haute trahison, ce qui exige la sanction suprême. Nous nous en souviendrons.

    ♦ 3. La “doctrine stratégique globale” de Washington, d’après la Defence Planning Guidance du Pentagone ♦

    L’objectif politico-stratégique fondamental des États-Unis reste encore et toujours celui d’empêcher par tous les moyens, y inclus, éventuellement, ceux de la guerre politique totale, la promotion de la plus Grande Europe continentale, la constitution d’une communauté politico-historique de volonté et de destin continental européen, dont la puissance finale dépasserait de loin celle des États-Unis et de leur “conspiration mondialiste”, manipulée par eux dans les termes de leur “grand dessein” hégémonique planétaire.

    Le spectre de “l’Empire Eurasiatique de la Fin” n’en finit plus d’entretenir le cauchemar permanent, la menace abyssale pesant — à juste titre — sur la conscience politique américaine, dont tous les efforts vitaux se trouvent polarisés ainsi par la nécessité de pouvoir contre-attaquer, de contrer l’émergence politique de la plus Grande Europe : l’existence même des États-Unis en tant que “Superpuissance Planétaire” s’en trouve directement concernée, abruptement remise en cause par cette menace de plus en plus actuelle.

    D’où la guerre politique totale souterrainement entreprise, et qui va en s’intensifiant, par les États-Unis contre l’émergence en cours de la plus Grande Europe qui, avec le renforcement absolument décisif de la “Nouvelle Russie” de Vladimir Poutine, risque désormais d’atteindre — en quelque sorte même fatalement — ses véritables dimensions finales, devenir, au-delà des États-Unis, la suprême, la seule vraie “superpuissance Planétaire” au terme de l’actuelle histoire du monde.

    Éviter la future conflagration de front de la “conspiration mondialiste” et de la plus Grande Europe continentale eurasiatique, exige donc — tant qu’il en est encore temps — que les États-Unis parviennent à empêcher la réintégration finale de celle-ci, sa reconstitution impériale offensive au niveau planétaire ultime. Et, pour les États-Unis, le même problème se pose, actuellement, par rapport au concept révolutionnaire de l’intégration finale de l’Amérique Romane, déjà entamée, doctrinalement en cours de définition.

    Dans son livre fondamental — outil de combat immédiatement utilisable s’il en fut — intitulé Guerres contre l’Europe. Bosnie-Kosovo-Tchétchénie (Éditions des Syrtes, Paris, 2000), Alexandre del Valle écrit :

    (1) « Vis-à-vis de l’Est européen, les États-Unis mènent une double politique consistant : primo, à étendre l’OTAN aux portes de la Russie, en intégrant au “monde occidental” les nations anti-russes de l’ex-Bloc soviétique en voie d’industrialisation, de culture catholico-protestante (Hongrie, Pologne, ex-Tchécoslovaquie, etc) et islamique (Turquie, républiques musulmanes d’Asie centrale, Bosnie, Albanie-Kosovo, etc), secundo, à affaiblir la Russie, la “refouler” vers l’Asie et la couper de l’Europe occidentale. Il s’agit ainsi de scinder le continent européen en deux, en réactivant une “nouvelle guerre froide” entre un Est post-byzantin ex-soviéto-communiste et un Ouest américanisé, un nouveau “choc géo-civilisationnel” entre les “deux Europes” opposées l’une à l’autre autour des pierres d’achoppement stratégiques islamo-occidentale et socio-économique ».

    (2) « La doctrine stratégique “globale” des États-Unis apparaît clairement dans le nouveau concept américain de “stratégie nationale de sécurité”, dont le contenu fut révélé au grand public à l’occasion de la parution, le 8 mars 1992, dans New York Times, d’une version du Defence Planning Guidance du Pentagone élaboré en liaison avec le Conseil national de Sécurité (NSA), la plus haute instance américaine de sécurité et de politique internationale. On y apprend que les États-Unis d’Amérique doivent tout faire pour “dissuader d’éventuels rivaux, parmi les pays avancés et industrialisés, de défier notre domination, ne serait-ce que d’aspirer à un rôle plus grand à l’échelle mondiale ou régionale (…). La mission des États-Unis sera de s’assurer qu’il ne soit permis à aucune puissance rivale d’émerger en Europe occidentale, en Asie ou sur le territoire de la CEI”. En bref, il s’agit ni plus ni moins d’empêcher l’Europe et le Japon, “alliés” réellement dociles, ainsi que la Russie affaiblie, mais encore redoutable, de relever la tête et de porter un jour ombrage à “l’hégémonie bienveillante” de Washington, en fait à la formidable machine économico-commerciale américaine. “La politique étrangère américaine doit se donner pour but de convaincre d’éventuels rivaux qu’ils n’ont pas besoin de jouer un grand rôle. Notre statut de superpuissance unique doit être perpétué par une force militaire suffisante pour dissuader n’importe quelle nation ou quel groupe de nations de défier la suprématie des États-Unis et de chercher à mettre en cause l’ordre économique et politique établi (…). Nous devons empêcher l’émergence d’un système de sécurité exclusivement européen qui pourrait déstabiliser l’OTAN. En Extrême-Orient, il faut rester attentif aux risques de déstabilisation qui viendraient d’un rôle accru de nos alliés, en particulier du Japon”, explique le Defence Planning Guidance (pages 10,11,161,162) ».

    ♦ 4. La phase de l’intégration impériale européenne grand-continentale ♦

    Il est par conséquent évident que toute stratégie européenne face aux manœuvres d’empêchement et de désintégration anti-continentale de la “conspiration mondialiste” se doit d’être axée sur l’intégration finale grand-continentale accélérée, qui devra comprendre l’Europe de l’Ouest, l’Europe de l’Est, la Russie et la Grande Sibérie, l’Inde et le Japon. Intégration grand-continentale finale qui devra se trouver mise en œuvre à travers la dialectique fondamentale de l’installation politique immédiate de l’axe Paris-Berlin-Moscou, pierre angulaire de l’ensemble du futur édifice impérial européen. Tout doit commencer, tout se trouvera engagé à travers le projet grand-européen révolutionnaire de l’axe Paris-Berlin-Moscou.

    Cependant, il n’est pas moins évident que, dans l’état actuel des choses, pour que les “groupes géopolitiques” européens puisent enclencher le processus de l’intégration impériale grand-continentale, il faut qu’auparavant la mainmise de la “conspiration mondialiste” social-démocrate sur l’ensemble du pouvoir politique européen en place se trouve complètement démantelée, et que la libération de l’ensemble des médias européens aussi — presse, radio, télévision — de sous la domination terroriste de la “conspiration mondialiste” ait pu être menée à son terme ultime, qu’une vaste épuration puisse nettoyer à fond, et définitivement, l’appareil médiatique européen. Ce qui, au niveau des faits, implique très nécessairement l’émergence de certaines formes de guerre civile européenne, dont c’est bien à nous autres qu’il appartiendra de déterminer les modalités stratégiquement opératives, pour le moment encore relativement imprévisibles encore. Mais nous saurons faire.

    Vers une guerre civile de libération continentale

    De toutes les manières, nous nous dirigeons inéluctablement vers une guerre civile de libération continentale, nous faudra emporter en premier lieu sur les puissances souterraines d’encadrement subversif et d’aliénation mises en place et agissant clandestinement, à tous les niveaux, pour le compte de la “conspiration mondialiste” et de l’ensemble des régimes social-démocrates subversivement installés par celle-ci partout en Europe, dédoublée par une Anti-Europe annulant tout espace de liberté et d’être européen.

    Car ce n’est que le processus de libération grand-européenne continentale porté à son terme ultime que l’on pourra envisager de passer à la phase de l’intégration politico-historique impériale de l’ensemble du “Grand Continent” eurasiatique.

    Cependant, il n’en reste pas moins assuré que jouant sur l’équivoque de certaines situations politiques au statut intermédiaire, le processus d’intégration grand-européenne peut se trouver devancé — notamment pour ce qu’il y est de la mise en œuvre de l’axe Paris-Berlin-Moscou — dès maintenant, mettant à profit des choix européens en cours, la social-démocratie au pouvoir se voyant elle-même emportée, comme malgré elle, par la spirale objective de l’histoire en marche.

    Car l’histoire, soumise à sa propre irrationalité dogmatique et qui n’a donc pas à tenir compte, dans son cours, de la somme apparemment prédéterminante des circonstances qui la constituent, poursuit souterrainement sa propre marche, la marche qui lui est propre ontologiquement, qui ne dépend, en réalité, d’aucune influence, d’aucun choix, d’aucune décision extérieures à son propre mystère en action, im-prédéterminable, toujours dissimulé sous le profond secret de ce qui nous vient du fond de l’avenir.

    Ainsi l’Espagne ne s’est-elle pas libérée d’elle-même, démocratiquement, du socialisme ? Et l’Italie n’est-elle pas en passe d’en faire autant ? Quant à l’Allemagne, les récentes prises de positions ouvertement européennes et confédérales de son actuel ministre des Affaires étrangères, Joschka Fischer, ainsi que la ligne ouvertement pro-russe du chancelier Gerhard Schröder ne laisse-t-elle pas pressentir une avancée fort significative en direction du projet fondamental de l’axe Berlin-Paris-Moscou ? « Pas de solution, de paix durable en Europe sans la Russie », déclarait le chancelier Gerhard Schröder en juin dernier, lors de la visite du Président Vladimir Poutine en Allemagne. Et il ajoutait : « Nous devons intégrer la Russie dans l’Europe sur tous les plans tant du point de vue économique et politique que de celui de la sécurité et de la défense ».

    Car, dans l’actuelle conjoncture grand-européenne, tout dépend, en effet, de la Russie, qui, sous la conduite du Président Vladimir Poutine, l’on peut très assurément tenir pour le premier territoire européen ayant retrouvé sa liberté par rapport à l’état de permanente agression interventionniste de la “conspiration mondialiste”, et, à partir de sa liberté nouvellement recouverte, qui se trouve prête à assumer les responsabilités extérieures de sa propre libération, soutenir politiquement le même mouvement là où il se déclarerait.

    Chavez et la contre-stratégie andine

    En Amérique Romane enfin, si la “conspiration mondialiste” a réussi à obtenir le passage de l’Argentine et du Chili à la social-démocratie, le régime du Colonel Chavez ne laisserait-il pas entrevoir une ligne politique autre en perspective au Venezuela ?

    En même temps, ne faut-il pas se dire que, si une centrale contre-stratégique andine assumait la responsabilité de l’enclenchement d’un mouvement de libération nationale de dimensions continentales, il apparaît comme tout à fait certain que l’Amérique Romane, dans son ensemble, ne tarderait pas à basculer dans le camp anti-mondialiste des nôtres, prendre des positions révolutionnaires dont les répercussions ne manqueraient pas de se faire sentir jusque derrière les lignes de la “Superpuissance Planétaire des États-Unis” elle-même ? N’est-il pas secrètement inscrit dans son destin que l’Amérique Romane devra intervenir, le jour venu, dans le conflit intérieur décisif des États-Unis, prendre part à la guerre de sécession à rebours qui sera appelée à décider de l’ultime identité politico-historique de ceux-ci, au terme de leurs parcours ?

    ♦ 5. Pour une nouvelle religion d’Empire ♦

    En amenant les pays catholiques de l’Europe de l’Ouest — la France, l’Italie, l’Espagne, l’Allemagne, la Belgique — à prendre très effectivement partie — dans le cadre faussement justificatif de l’OTAN sous commandement américain — à l’opération politico-militaire de la “Superpuissance Planétaire des États-Unis” contre la Serbie, en participant à l’investissement militaire du Sud-Est du continent européen par une puissance étrangère, ennemie et antagoniste aux intérêts vitaux de l’Europe — de la Grande Europe — dans son intégrité d’être et de destin, les services politiques de Washington comptaient introduire, pour le présent et sans doute surtout pour l’avenir, une contradiction intérieure apparemment irréductible au sein du continent européen, de la “Forteresse Européenne”, en faisant s’opposer la moitié catholique de l’Europe — Europe de l’Ouest — à la moitié orthodoxe de celle-ci — l’Europe de l’Est et la Russie — le long d’une ligne de confrontation reproduisant plus ou moins à l’identique le tracé de l’ancien “rideau de fer” ayant marqué les frontières politiques de la “guerre froide”.

    Mais il se fait que le dessein subversivement offensif de Washington quant à l’installation d’une profonde contradiction intérieure d’ordre politico-religieux au sein de l’Europe en butte à l’agression de la “conspiration mondialiste” a complètement échoué : le catholicisme aussi bien que l’orthodoxie se sont, au contraire, retrouvés sur les positions communes d’une farouche opposition, aussi active que profonde, face à l’intervention militaire, confiée à l’OTAN, dans le but d’une dissimulation fallacieuse de ses véritables origines et de ses buts propres. L’opération visant la création subversive d’une séparation politico-religieuse de l’Europe ayant finalement produit des effets contraires à ceux qu’escomptaient ses manipulateurs dans l’ombre, en se retournant complètement contre eux.

    Et c’est même à partir de cette mobilisation commune face a l’agression anti-européenne de l’OTAN au service des desseins hégémoniques planétaires des États-Unis qu’un nouveau tournant s’est déclaré dans le processus du rapprochement déjà en cours du catholicisme et de l’orthodoxie, un nouveau tournant dont la dynamique propre, encore souterraine, pourra sans doute faire bientôt aboutir des choses jusqu’à présent plus ou moins inconcevables. Il suffira désormais que des groupes responsables s’en chargent, tant de l’intérieur du catholicisme que de l’intérieur de l’orthodoxie, des groupes poursuivant, pour le moment, une double action de rapprochement confidentielle.

    Car, ainsi que l’avait compris visionnairement, au début du siècle, Arthur Moeller van den Bruck, il n’y a qu’une seule Église comme il n’y a qu’un seul Reich, qu’un seul Empire, le futur “Empire Eurasiatique de la Fin” auquel doivent aboutir tous nos efforts d’intégration européenne grand-continentale; il devra lui-même se constituer autour d’une seule religion, et d’une seule Église, dont le catholicisme et l’orthodoxie seront les composantes intégrées suivant une structure encore à déterminer. Mais, qui, de toutes les façons, ne saura être que plus ou moins celle d’une “troisième religion”, et celle-ci, d’ailleurs, elle-même identique à la première religion impériale européenne, celle d’avant la séparation du catholicisme et de l’orthodoxie. Il n’y aura donc pas à proprement parler une nouvelle religion à suivre, mais la réapparition de la “religion impériale européenne des origines”, de la “première religion impériale” des débuts antérieurs de l’Europe, de l’Europe d’avant la “grande fracture intérieure” de ses actuelles origines.

    Double nécrose des cléricatures

    Certes, pour le moment des divergences insurmontables semblent s’interposer entre les deux religions européennes, entre le catholicisme et l’orthodoxie, des divergences persistantes, obstinées, dramatiques, en provenance, quant à l’essentiel, de l’état de la double nécrose de leurs structures ecclésiales respectives — de leurs cléricatures — en place, auxquelles il faudra opposer, pour les réduire définitivement, le double appareil confidentiel intérieur des deux religions, qui combat pour leur rapprochement, de leurs foyers intimes de sainteté, des groupements occultes d’action spirituelle et mystique en profondeur, existant et agissant secrètement de l’intérieur tant du catholicisme que de l’orthodoxie, en même temps que la volonté politique impériale d’intégration — ou plutôt de réintégration — des deux religions présentes dans une troisième religion à venir. La volonté politique impériale des nôtres, qui finira par prévaloir, par s’imposer de force, inconditionnellement, aux résistances — quelle que puissent être leur intensité circonstancielle, leur irréductibilité manifeste — qui s’obstineraient à refuser cette intégration finale des deux religions. C’est la volonté politique révolutionnaire des puissances impériales en action qui devra l’emporter dans l’épreuve de force finale, puisque c’est bien de celles-ci qu’il faudra que vienne s’affirmer, si le besoin se faisait réellement sentir, l’usage de la force, qu’elles n’hésiteront pas à faire intervenir directement pour imposer leur volonté, qui fera loi. Car il reste entendu que la volonté révolutionnaire des puissances impériales en action devra briser toute résistance qui s’opposera à leurs démarches constitutionnelles de la nouvelle histoire en marche, l’histoire même de la plus Grande Europe de la Fin.

    Perspective eschatologique de l’Imperium Ultimum

    Tout ceci donc dit, il convient également d’invoquer ici un autre aspect du problème des dimensions religieuses de la future fédération impériale grand-continentale eurasiatique l’aspect de l’identité eschatologique finale de celle-ci, qui seul peut livrer les clefs d’une compréhension explicitement effective des véritables engagements qui sont ceux du projet révolutionnaire total de l’Imperium Ultimum.

    Car la perspective impériale finale de l’actuelle histoire du monde est fondamentalement une perspective eschatologique, l’Imperium Ultimum constituant précisément ce par quoi devra se faire le passage assomptionnel de l’histoire à un prochain au-delà transhistorique de l’histoire, la transmutation intérieure de l’histoire dans sa propre continuité supra-historique, transcendantale, “apocalyptique”.

    La somme de nos combats politiques pour la libération impériale révolutionnaire de l’espace géopolitique et spirituel du “Grand Continent” eurasiatique comporte donc un objectif secrètement supratemporal, “transhistorique”, de nature sacrée, qui impose déjà au devenir final de l’actuelle histoire mondiale une identité eucharistique ardente, une violente centrification polaire de nature très précisément christologique Ce qui en fait le lieu même du mystère d’un nouvel avènement de l’Être. Aussi doit-on avoir toujours présente en nous la conscience du fait que tous nos combats possèdent une double identité, visible et invisible.

    Car, me semble-t-il au point où en viennent les choses, il devient fondamental qu’on le comprenne : derrière l’identité visible de ce qui nous oppose révolutionnairement à la “conspiration mondialiste” des États-Unis, se tiennent dans l’invisible les appareils offensifs de l’ennemi ontologique de tout ce que nous sommes et avons été, nous autres, ceux des armées invisibles de l’Être, ceux du mystère abyssal de l’Incendium Amoris. L’ennemi ontologique caché qui n’est autre que la Puissance des Ténèbres, le “Mystère d’Iniquité” et ses propres agencements stratégiques de présence suractivée, de combat dans les profondeurs ultimes et de domination occulte des agencements stratégiques dont la concentration la plus proche du visible immédiat, d’une certaine surface objective de l’histoire en cours, reste encore celle de l’immense pouvoir nocturne, étranger et suprêmement malfaisant infiltré sur place, aux États-Unis, et de son influence permanente, incontournable, qui se dissimule derrière les rouages décisionnels, de la société américaine actuelle elle-même, de ses grandes administrations intérieures et des instances suprêmes de la conduite secrète de sa politique extérieure, de sa “grande politique” planétaire. Me suis-je fait bien comprendre ?

    De toutes les façons, la “conspiration mondialiste” des États-Unis n’est en réalité pas elle-même, mais ce qui la dédouble abyssalement dans l’invisible, dans le proche dissimulé qui en constitue l’horizon intime et la raison stratégique fondamentale de son action dans le visible, à savoir le renversement subversif de tout ordre naturellement établi, de l’ordre même de l’Être.

    ♦ 6. “Nous sommes condamnés à la Victoire finale” ♦

    Outre l’extraordinaire pression déstabilisatrice qu’exerce actuellement le fait de l'enserrement économico-politique extérieur, ainsi que la mainmise intérieure, permanente et de plus en plus prononcée, envahissante, de la “conspiration mondialiste” contre les présentes tentatives en projet, ou à peine entamées, de la mise en œuvre de l’intégration continentale grand-européenne, l’espace géopolitique grand-européen subit, en même temps, la double action de l’encerclement sur le plan Sud du continent, à travers la suite en effervescence révolutionnaire de la chaîne des républiques islamiques de l’ancienne URSS, du Front Fondamentaliste Islamique et de ses avant-gardes wahabites, et de l’installation en force des États-Unis au Sud-Est de l’Europe, à travers leur tête de pont politico-militaire islamique, en Bosnie, en Albanie et au Kosovo. La “ceinture verte” de la subversion politico-militaire américano-islamiste est en place, et poursuit son travail révolutionnaire anti-continental sans relâche.

    En même temps, un mouvement d’investissement concerté, planifié à grande échelle, est en train d’être exécuté par le Tiers Monde, en direction de l’Europe, dont les infiltrations de plus en plus soutenues, massives, idéologiquement intensifiées, servent de masse de manœuvre aux inavouables desseins de la subversion social-démocrate au pouvoir partout en Europe, qui vise ainsi, secrètement, la dévastation à terme de l’identité nationale, sociale, culturelle et religieuse de l’ensemble des pays de l’Europe de l’Ouest.

    Dans ces conditions, comment résister encore, comment ne pas céder à la tentation nocturne, sournoise, fatidique, de la démission à laquelle on nous invite d’une manière si extrêmement pressante ?

    Une mince marge d’élites révolutionnaires européennes

    C’est qu’une prédestination fondamentalement miraculeuse, providentielle, ne cesse de maintenir en éveil une mince marge d’élites révolutionnaires européennes, héroïquement décidées à ne pas céder, à mener le combat jusqu’au bout et, finalement, de l’emporter envers et contre tout, de gagner sur l’ensemble actuel des conjurations anti-européennes qu’entretient et exacerbe, souterrainement, l’œuvre désintégratrice de ce qu’il est convenu d’appeler la Puissance des Ténèbres, dont on n’ignore plus la présence à l’origine des actuelles conflagrations de religions et de civilisations ontologiquement antagonistes. Car notre combat est celui de l’être contre le non-être, et nous savons d’avance que l’être ne peut pas ne pas l’emporter, que le non-être, à la fin, est voué à la défaite qui constitue, encore et toujours, sa toute première identité ontologique, et la dernière.

    Ainsi que le disait, il y a déjà quelques années, un responsable révolutionnaire de Europe de l’Est, “nous sommes condamnés à la victoire finale”.

    ♦ 7. L’actuel Président de la Russie, Vladimir Poutine en “homme providentiel” ♦

    C’est ainsi que dans l’immense désastre politique actuel des positions européenne, grand-continentales, la “Nouvelle Russie” du Président Vladimir Poutine représente l’assurance supra-historique d’une instance d’affirmation et de recours révolutionnaire inespéré, absolument et sans doute irrévocablement décisifs, qui remet abruptement en question l’état présent des choses, qui ouvre des nouvelles perspectives salvatrices au combat apparemment sans aucune issue que nous menons nous autres, gardiens prédestinés et clandestins du seuil de la survie ultime d’une civilisation en péril de disparition, d’anéantissement planifié.

    Le Président Vladimir Poutine nous apparaît en effet comme “l’homme providentiel”, comme “celui que l’on n’attendait plus”, comme “l’homme du plus grand destin”, déterminé à faire de la Russie la base révolutionnaire continentale du “nouveau recommencement”, du mouvement de retour de la plus Grande Europe à son identité ontologique originale, supra-historique, guidée en avant par sa prédestination eschatologique secrète miraculeusement retrouvée, et qui se situe d’emblée au-delà de l’actuelle histoire d’un monde à sa fin.

    L’orthodoxie impériale antérieure

    Les retrouvailles de l’orthodoxie profonde, de “l’orthodoxie impériale antérieure” et des doctrines impériales géopolitiques des Forces Armées russes sont déjà prêtes à assumer, à travers la volonté révolutionnaire prédestinée du Président Vladimir Poutine, la prochaine renaissance providentielle de la Russie, l’avènement supra-historique de la “Nouvelle Russie” qui donnera ses assises propres au “grand dessein” européen grand-continental, sa volonté révolutionnaire d’être et de réaffirmation historique, son nouveau grand destin planétaire.

    Quand la jointure décisive se sera donc faite entre la “Nouvelle Russie” de Vladimir Poutine et les destinées eschatologiques occultes de la Russie antérieure, cela apparaîtra en pleine lumière du jour par la ré-émergence des thèses mythologiques figuratives de l’orthodoxie de toujours, avec les funérailles solennelles qu’il s’agit de faire en l’honneur des restes suppliciés des derniers Romanov, cérémonies engageant la totalité actuelle de la nation russe, des peuples russes, et de l’appareil d’état de la “Nouvelle Russie”, ainsi que leur élévation à l’autel ; par le remplacement, aussi, sur le faîte du Kremlin, de l’Étoile Rouge soviétique par la statue votive de la Vierge Marie, de la “Vierge Immaculée”, conformément à la vision prophétique de Saint Maximilien Kolbe ; par la ferveur exaltée de la nation profonde se mobilisant pour la reconquête de Constantinople et, surtout, pour la libération finale de la Sainte-Sophie, et son retour au culte marial et sophianique de ses origines.

    Tant que la basilique de Sainte-Sophie ne sera pas rendue à son identité de culte première, la Russie sera secrètement mutilée d’une part absolument vitale d’elle-même, et cela jusqu’à la fin des temps, ou jusqu’à ce que cela soit réellement fait. La “Nouvelle Russie” ne sera vraiment elle-même, dans la plénitude propre de son identité dogmatique, transcendantale, que le jour où la grande messe impériale sera à nouveau dite dans les murs sacrés de la Sainte-Sophie libérée, comme à la veille des longues années de son ensevelissement dans le deuil de la profanation islamique.

    L’éclat insoutenable de la levée haut dans les cieux de cet ensemble de signes ardents, révélateurs, embrasera alors l’horizon entier de la nouvelle histoire de la Russie et du grand continent eurasiatique, illuminant de l’intérieur la vie de la nouvelle Grande Europe d’une espérance impériale révolutionnaire encore in-prépensable.

    Un immense incendie révolutionnaire eschatologique

    Mais cette transmutation eschatologique de la “Nouvelle Russie” de Vladimir Poutine ne se fera pas toute seule. Il faudra qu’auparavant l’état d’une immense polarisation révolutionnaire des consciences nationales traditionnelles russes vienne à se faire, que le miracle de ce que Corneliu Codréano appelait, lui, “l’état d’œcuménisme national” se lève à l’horizon intérieur de la Russie en marche, ainsi, vers l’accomplissement de sa plus haute prédestination impériale eschatologique secrète. Or cet immense incendie révolutionnaire eschatologique devant prendre feu au sein de l’orthodoxie russe — ce terrible Incendium Amoris final — seul peut l’amener à son paroxysme révélateur ultime le travail conspirationnel abyssal des élites de l’encadrement souterrain national-révolutionnaire, à l’heure actuelle déjà en place, clandestinement, déjà agissantes, en Russie comme partout à l’intérieur de l’espace géopolitique propre du “Grand Continent” eurasiatique. Et il est impératif que l’on ajoutât, aussi, que le même feu couve, en Amérique Romane, au-dessous des infrastructures de l’aliénation économico-politique totale imposée sur place par la “conspiration mondialiste” des États-Unis, et qu’il suffirait d’une secousse significativement conduite pour que tout l’édifice installé par ceux-ci vienne à s’auto-destituer, à disparaître sous la poussée révolutionnaire des forces vives ainsi brusquement amenées à refaire surface, emportant tout dans leur déchaînement libérateur.

    L’immense courant d’air mis en branle par ce qui se passe actuellement en Russie parviendra-t-il à réveiller, à mobiliser les puissances de vie de l’ensemble géopolitique continental grand-européen, tout en se répercutant, aussi, dans l’espace intérieur de l’Amérique Romane ? Mais n’est-ce pas le travail à nous autres, notre propre travail de jour et de nuit, que de faire se propager, de proche en proche, souterrainement, les feux conspirationnels de la nouvelle vague révolutionnaire anti-mondialiste qui monte actuellement à l’assaut de son propre destin en même temps que de la plus “grande histoire” ?

    ♦ 8. L’avènement des guerres dialectiques ♦

    En réalité, notre travail révolutionnaire — tout travail révolutionnaire — consiste dans l’effort concerté, intensif et ininterrompu pour la conquête — pour la libération — des consciences. D’où l’inappréciable importance de ces appareils dialectiques pour la libération des consciences qui sont constitués par nos “groupes géopolitiques” de combat idéologico-doctrinal : le changement total de l’histoire et du monde n’en sera que la conséquence de leur action révolutionnaire en profondeur.

    Nos stratégies révolutionnaires sont autant de stratégies pour l’encadrement et la prise sous contrôle des consciences, nos barricades révolutionnaires sont des barricades de consciences entassées de par leur commune exacerbation même, nos incendies révolutionnaires sont faits des embrasements à la fois libérés et partisans des consciences mobilisées à la tâche, dont le tourbillon montant emportera l’histoire vers le haut. En dernière analyse, l’action révolutionnaire est une action d’ordre intérieur, conduite par un travail lui-même exclusivement d’ordre intérieur, conceptuel. La révolution apparaît donc comme la mystique suractivée d’une vaste société secrète, dirigée “occultement” depuis une centrale polaire unique, dissimulée, inconnaissable.

    Et nos combats pour la libération de l’Europe et la constitution, à terme, de “l’Empire Eurasiatique de la Fin” seront les combats d’une certaine prise de conscience géopolitique et eschatologique, dont le caractère exclusivement conceptuel va néanmoins devoir changer le cours de l’histoire au niveau des faits eux-mêmes, révolutionnairement.

    Les dernières guerres planétaires seront, ainsi, des guerres dialectiques, des guerres conceptuelles, qui, au-delà de l’histoire, imposeront une réalité supra-historique finale à ce monde et à son devenir, l’un et l’autre ontologiquement changés de l’intérieur. La guerre continentale grand-européenne de libération de sous l’actuelle domination de la “conspiration mondialiste” des États-Unis est une guerre essentiellement conceptuelle, la grande guerre dialectique de notre prochain avenir, et la dernière.

    ► Jean Parvulesco, Nouvelles de Synergies Européennes n°46, 2000.

     

     

     

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