• Diipetes

    DiipetesLa cosmovision païenne de “Diipetes”

    [Ci-contre : l'association Diipetes entend renouer avec l'esprit de la religion civique grecque ancienne. Dans l’Athènes antique, l’éphèbe prête serment dans le temple d'une déesse très ancienne, Aglaure, au nord de l’Acropole, comme le veut la tradition : « Je ne déshonorerai pas les armes que je porte et je n'abandonnerai pas mes camarades au combat ; je lutterai pour défendre les Dieux et l’État »]

    L'association Synergies européennes a établi d'a­micales relations avec le groupe Diipetes (Athènes). Créé en 1992, ce groupe se présente ainsi : « Nous combattons pour la di­gnité hellénique dans un pays entièrement dominé par une culture et une cosmothéorie étrangères, au sein d'un monde totalement dominé par  une culture et une cosmothéorie étrangères (…). Nous nous sentons pleinement solidaires de tous les groupes et mouvements, sur toute la terre, qui œu­vrent  pour restaurer leurs éthiques et leurs religions tradi­tionnelles/indigènes, ainsi que tous ceux qui mènent la lutte, aux facettes multiples, pour la Liberté, la Tolérance, l’Écolo­gie profonde et sociale, la Démocratie Directe à tous les ni­veaux de la vie quotidienne ». Le groupe Diipetes revendi­que l'héritage traditionnel de la Grèce antique. Il veut agir (comme l'ont déjà fait les Islandais, les Lituaniens et les Let­tons) pour obtenir la reconnaissance légale de ses traditions communautaires. Il propose à tous les groupes intéressés d'intervenir ensemble auprès de la Cour Européenne. La réunion  internationale de Dresde, envisagée en 1996, pour­ rait permettre la mise au point d'un document destiné aux in­stances européennes. En attendant, les groupes intéressés peuvent entrer en relation avec Diipetes, qui publie une revue trimestrielle bien imprimée. En langue grecque, bien sûr ».

    ► Jean de BussacNouvelles de Synergies Européennes n°13, 1995.

     

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    L’Action de “Diipetes” en Grèce

    Compte-rendu de la revue des défenseurs de l’ancienne foi hellène, Diipetes (septembre 1995).

    Dans leur combat pour le retour à l’ancienne foi, nos amis hellènes mènent un certain nombre d’actions : d’abord en dénonçant tout projet de destruction systématique du patrimoine archéologique national. Parmi ces projets, citons pêle-mêle :

    • le creusement d’un tunnel du nouveau métro d’Athènes sous la voie sacrée, contrairement à ce qui avait été promis ; et mobilisation contre les menaces pesant sur d’autres sites archéologiques athéniens
    • la construction d’installations sportives et administratives à quelques mètres du Temple de Zeus, à Athènes, dans un site non encore exploré archéologiquement
    • la déviation du fleuve Achéloos, honoré comme une divinité par les Anciens, qui va non seulement provoquer une catastrophe écologique mais engloutir des zones archéologiques importantes et cela, malgré les nombreuses protestations. Il en avait été de même avec l’antique ville de Kallipolis, engloutie sous le lac artificiel du Mornos
    • le Mont Olympe lui-même est doublement menacé : d’une part, par les spéculateurs qui veulent y faire passer une autoroute pour, disent-ils, favoriser le développement touristique du lieu et, d’autre part, l’armée, qui souhaite en faire une zone de tir.


    Ensuite, les animateurs de Diipetes essaient de faire prendre conscience à leurs concitoyens de respecter l’environnement et en particulier les forêts ou ce qu il en reste. Ainsi, dans son article intitulé "Communauté et Terre", dans la deuxième et dernière partie, Jean Spiropoulos condamne la mécanisation à outrance de l’agriculture, la dégradation de l’environnement qui s’ensuit et tous ceux qui considèrent la terre comme un simple moyen de production qu’il faut rentabiliser au maximum. Cette politique ne peut que conduire à la destruction physique et morale de l’Homme. Pour y remédier, l’Homme-Citoyen doit retrouver ses liens avec la Terre-Mère, développer une agriculture non-extensive et biologique, mettre en place de petites unités de production et respecter son biotope. Il en va de son bien-être, de celui de sa famille et de ses concitoyens.

    LES ÉTAPES DE LA DESTRUCTION DE LA FORÊT HELLÉNIOUE

    Dans la même thématique, le livre d’Anastase Stephanou, édité en 1933, et dont les Diipetes publient quelques extraits, nous livre les grandes étapes de la lente et inévitable dégradation de la forêt hellénique à travers le temps.

    ◊ 1ère étape : jusqu’à l’époque mycénienne : L’Hellade était entièrement recouverte de forêts et peuplée d’animaux sauvages comme l’attestent les nombreux ossements trouvés dans les tombes datant de cette époque. Par ailleurs, de nombreux héros sont représentés et décrits combattant de tels animaux, tels Heraklès luttant contre le lion d’Artémis dans le Péloponnèse  ou  encore lui-même contre le lion de Némée (premier des Douze Travaux). Il est à noter que les habitants de l’époque vénéraient les forêts et, parmi tous les arbres, le plus sacré d’entre eux, le chêne, auquel il était interdit de toucher, de ramasser ses branches ou même ses feuilles et bien entendu de le couper !

    ◊ 2ème étape : à partir de la civilisation minoenne, on constate un début de déforestation, mais très limitée, car la forêt et ses animaux étaient toujours respectés.

    ◊ 3ème étape : du début de la colonisation romaine, puis byzantine, franque et turque jusqu’à l’indépendance de 1830 : l’essentiel du patrimoine forestier est préservé car il servait de refuge contre les envahisseurs.

    ◊ 4ème étape : à partir de l’indépendance : C’est la période de la destruction massive de la forêt pour des raisons économiques (famine) mais surtout individuelles ; le berger va les détruire pour ses troupeaux, le vigneron pour sa vigne, le bûcheron et le particulier pour leur intérêt personnel, etc. Raison essentielle : le citoyen moderne a perdu tout lien avec l’ancienne foi ; il considère la forêt comme "res nullius", il en use et en abuse à son gré. Pour y remédier, l’auteur propose le recours aux grands moyens, déjà expérimentés en Bulgarie et Turquie : le reboisage forcé et obligatoire de toute forêt brûlée par les riverains concernés. Il est certain que de nos jours la situation est pire, les intérêts spéculatifs étant bien su­périeurs à ceux des années 1930. (Pour plus d’informations sur le sujet, le lecteur pourra éventuellement se référer à un petit article très intéressant publié dans le n°935 de Science & Vie d’août 1995, intitulé « Une tragédie grecque inédite »).

    Troisième type d’action menée par les Diipetes : l’instauration de visites sur des sites et des lieux de culte où un hommage est rendu à la déité locale. Ainsi, en octobre 1994, ils se sont rendus au cap Matapan (Sud du Péloponnèse) rendre visite à Poséidon dans ce qui lui reste de temple. Ils en ont profité pour dénoncer l’état de déla­brement du lieu.

    Enfin, en privilégiant le dialogue direct avec les lecteurs et entre les lecteurs, ils permettent à tous de confronter leurs expériences et leurs points de vue. Voilà quelques-unes de leurs actions entrepri­ses. Il va de soi que les adversaires des Diipetes sont très virulents à leur égard. Ainsi, ils n’ont pas hésité à saboter l’édition de la revue lorsque les Diipetes, pour améliorer sa parution, l’avaient confiée à des éditeurs supposés "professionnels".

    Pour mieux connaitre nos amis Diipetes, nous publions le récit intégral de l’une de leurs actions menée en juin 1995, lors de l’expédition sur le Tombeau des Combattants de Salamine (texte de Dimi­tri Tentas).

    ► Yannls Yannapoulos, Nouvelles de Synergies Européennes n°19, 1996.

     

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    Sur le tombeau des combattants de Salamine

    Diipetes et ses amis ont crée une équipe chargée de soutenir et de coopérer avec toute personne qui se bat pour la défense du monde grec, pour la défense et la revendication de tous les liens ancestraux qui, bien sûr, ne nous appartiennent pas juridiquement mais que certaines personnes profanent ou dé­truisent. Dans cette optique, nous avons visité en juin l’île de Salamine.

    C’était la première sortie de cette équipe qui à l’issue de l’expédition, a été encore plus confortée dans l’idée d’agir ! Dès nos premiers pas dans l’île, nous avons pris conscience de la haine que porte le Grec moderne envers la tradition hellénique. Les chauffeurs de taxis ignoraient l’existence du Tombeau des combattants de Salamine. Dans un premier temps, nous avons cru qu’ils plaisantaient. Mais non. Nous avons tenté de leur expliquer et là ils nous ont regardé comme des extra-terrestres. Puis, après consultation, se rappelant miraculeusement de l’endroit, ils nous déconseillèrent d’y aller, nous disant qu’il n’y avait rien à voir. Malgré leurs "conseils" nous avons décidé de continuer. Durant tout le trajet, du port jusqu’au tombeau, pas un panneau n’indiquait l’existence d’un site archéologique en général, pas plus sur le tombeau que sur la ville et le port antiques. Les chauffeurs nous laissèrent dans un endroit désert nous affirmant que nous étions arrivés. Mais là, il n’y avait rien. Nous tournions en rond, essayant de deviner le tombeau. En fin de compte, il était en face de nous. Il y avait une colline remplie de panneaux, non pour nous signaler un site archéologique mais pour mentionner : "Interdit d’accès, propriété privée !". Au sommet de la colline, une œuvre monstrueuse construits selon un goût esthétique byzantino-grec, symbole du sacrilège et de la coupure avec les préceptes ancestraux, se dressait là-bas, sans aucune élégance, symbole de la domination barbare sur notre patrie depuis des siècles. C’était une colonne en ciment qui portait sur son sommet une flèche toute laide et rouillée ! Tout l’endroit autour était détruit, les tombes défoncées, les os sacrés des combattants de Salamine étaient déjà devenus les jouets et la nourriture des chiens errants de la région. Et près des sépultures profanées, il y avait des blocs de béton et de ferraille qui servaient d’attache aux bateaux qui mouillaient à environ 15 mètres des tombes. Un spectacle qui nous a remplis de larmes et une seule pensée nous venait à l’esprit : punir les profanateurs ! L’équipe, après avoir prié et rendu les honneurs, a "nettoyé" l’endroit selon les anciens préceptes, puis s’est dirigée vers la colline où se trouvait un bâtiment joliment décoré qui abritait l’association "Tombeau des Combattants de Salamine" ; nous avons alors entamé une discussion avec le Président, Monsieur Hiotis, et avec Monsieur Maridakis de l’Association de Sauvegarde des Antiquités ainsi qu’avec d’autres membres. Voici la teneur de nos dialogues :

    • Diipetes : Quand avez-vous commencé vos efforts pour sauvegarder les sites archéologiques de l’ile et pourquoi ?

    R. : Nous qui connaissons notre histoire, et qui sommes fiers d’habiter près de cet endroit, avons démarré une croisade pour la pro­tection de ce site qui se trouve effectivement en très mauvais état et surtout pour la construction, enfin, d’un monument digne de nos ancêtres combattants de Salamine. En 1983, nous avons adressé notre premier message au ministre de la culture de l’époque, Mme Mélina Merkouri. En réponse à notre requête, cette dernière avait décidé de classer cet endroit, "site archéologique de première catégorie".

    • Apparemment, comme on peut le voir, cette décision a dû rester dans quelque tiroir du ministère…

    Ils nous avaient promis de construire le monument et de mettre en valeur l’endroit, chose qui ne s’est jamais produite. Dans les nombreux courriers que nous avons par la suite envoyé aux diffé­rents gouvernements successifs, les réponses que nous recevions étaient étrangement stéréotypées.

    • Quand nous sommes arrivés sur le tombeau, nous avons été choqués par cette désolation que nous avons rencontrée.

    Il y a quelques années, en 1977, il y a eu expropriation du terrain dans le but de mettre ce lieu en valeur et de construire un monument. Mais l’entreprise Arkadiki des frères Diamandis préten­dait que le terrain lui appartenait et, sans titre de propriété, avait réussi à obtenir l’indemnité d’expropriation. En fonction d’une loi en vigueur, si un terrain qui a été exproprié, n’a pas été mis en valeur dans les 15 ans, il revient à l’ancien propriétaire. La commune, sous notre pression, a décidé de refaire une nouvelle expropriation, car les 15 ans étaient passés. Aussi l’entreprise Arkadiki a de nouveau touché l’indemnité d’expropriation.

    • Actuellement, l’endroit est-il toujours classé site archéologique ?

    Bien sûr. Il y a un écrit officiel du ministère qui reconnait l’endroit comme site archéologique pour une superficie de 24 arpents (1 arpent = 10 ares) depuis le port antique (rade Ampélakion) jusqu’à Kinosoura (site du tombeau). Seulement, ici, il ne s’agit pas seulement du non respect de la loi sur les antiquités mais aussi du viol de la législation sur les rivages car l’entreprise avec ses remblayages fréquents et le bétonnage d’endroits près du site du tombeau, détruit à jamais ce lieu. En ce qui concerne ce problème, des plaintes ont déjà été déposées. Les autorités maritimes arrivent bizarrement toujours quand les travaux sont finis, alors qu’après chaque condamnation les hommes de l’entreprise nous expliquent, de façon insolente que pour le déplacement des gravats, ils auraient payé au moins 3 millions de drachmes mais seulement 800.000 drachmes pour une condamnation judiciaire à leur encontre ! 

    • Qu’est ce qui rend ces gens si audacieux ? Sont-ils si puissants pour ne craindre personne ?

    Il existe malheureusement une dure réalité. Dans ce pays, il y a de grands intérêts économiques ; derrière ceux-ci, il y en a d’autres qui veulent éliminer systématiquement les sites archéologiques helléniques.

    • La même chose s’est produite dans la région d’Éleusis…

    Oui. Pour l’instant, nous avons réussi à les freiner. Pour vous faire une idée de la puissance de ces gens, sachez que, malgré nos démarches et plaintes, pas un seul député n’a demandé le dé­  part de l’île de l’organisme des autorités maritimes du Pirée. Seul le PC a réussi à interpeller ses confrères députés mais la question n’a pas été discutée à cause des vacances d’été et on espère qu’elle le sera en septembre. Nous tenons à souligner que la marine de guerre nous soutient dans cette affaire.

    • Les médias s’intéressent-ils au problème ?

    Il y a eu quelques lignes dans la presse nationale et étrangère et Monsieur Plevris nous a reçus dans son émission de télévision. Cependant nous n’appartenons à aucune formation politique mais nous sommes prêts à saluer et à faire l’éloge, par voie d’affiches, de tous ceux qui nous soutiendraient. De même, toute personne qui refusera de se battre, sera dénoncée. Enfin, il faut que tous sachent, officiels ou non, qu’il y a des citoyens actifs qui sont prêts à combattre pour tout ce qu’ils revendiquent.

    • Se battre… Oui, c’est peut être le seul moyen qui reste su citoyen actif de ce pays pour revendiquer ce qui lui appartient. Vous, que comptez-vous faire concrètement ?

    Le 19 septembre, lors de la commémoration de la bataille navale de Salamine, nous allons lancer notre.premier message avec la participation des écoles locales. Les enfants ont construit à leurs frais, une colonne en marbre qui sera déposée sur le tombeau tandis que parallèlement, vont être démontés systématiquement, tous les panneaux qui se trouvent à cet endroit. Cette manifestation n’est qu’une mise en garde. L’année prochaine si les autorités ne peuvent ou ne veulent rien faire, nous appliquerons la loi nous-mêmes et il se peut qu’il y ait en 1996 une deuxième bataille de Salamine ! Ce que cela signifie ? Vous le verrez concrètement quand l’heure viendra.

    • Nous sommes impatients. Une dernière question : êtes­-vous optimistes pour l’avenir du pays ?

    Regardez, beaucoup de personnes sont déjà venues pour des reportages mais vous êtes les premiers jeunes. Et quand les jeunes se battent, ils obtiennent toujours beaucoup. En vous voyant ici, nous redevenons optimistes…

    ► présentation et traduction de Yannls Yannapoulos, Nouvelles de Synergies Européennes n°19, 1996.

     

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    DiipetesLe pugilat, sport hellénique

    Dans son édition de janvier 1996, le rédacteur des Diipetes, Dimitri Tentas traite d'un vieux sport de combat typiquement hellénique, le Pugilat, et des tentatives qui sont entreprises pour sa restauration.

    Les compétitions sportives étaient l’une des principales caractéristi­ques de la civilisation hellénique. Dans chaque cité, les salles de lutte et les gymnases se trouvaient au centre de la vie quotidienne. L’athlétisme était une institution commune et un élément fondamental dans l’éducation du citoyen, avec l’évènement majeur que constituaient les Jeux Olympiques Panhelléniques. À partir de la 33ème Olympiade soit en 648 avant notre ère, le pugilat fut admis comme épreuve olympique. Il était considéré comme le sport le plus complet pour les hommes, dont les origines se perdaient dans la nuit des temps. Philostrate considérait Hermès comme l’inventeur de ce sport. Plutarque pensait que c’était Thésée qui avait utilisé la technique du pugilat pour venir à bout du Minotaure. Heraklès se distinguait en prenant la première place aux jeux pan-argonautes. De plus, comme son père, le Dieu Zeus, il a reçu le surnom de "Pugiliste" c’est-à-dire de "tout-puissant". Le pugilat alliait des techniques de lutte et de boxe avec pour but la neutralisation mais non l’anéantissement de l’adversaire. C’était un sport très dangereux où divers coups étaient permis. Cependant, malgré sa rudesse, on ne dénombre pas plus de quatre accidents en 1500 ans {selon les écrits). L’athlète devait suivre un entraînement et un régime diététique particulier à savoir : figues, fromage, lait, vin coupé, viandes, et en général des aliments énergétiques. L’entraînement avait quelques ressemblances avec les méthodes de combat extrême-orientales. Le pugilat était avant tout une technique de combat et faisait partie de l’instruction des citoyens de façon à ce qu’ils puissent défendre la patrie et leur personne sans armes. Un exemple significatif nous est fourni par le soldat Polidramas qui, à mains nues, réussit à mettre hors d’état de nuire trois combattants armés, des "immortels" de la garde personnelle du Roi perse. Le pugilat fut salutaire dans de nombreuses batailles, dont celles des Thermopyles et de Marathon puisque les soldats l’utilisaient lorsqu’ils étaient désarmés. Ce sport très populaire de l’ancien temps, fut supprimé comme toute forme d’athlétisme par l’occupant byzantin. Mais avec le retour aux épreuves athlétiques au niveau mondial avec la renaissance des Jeux Olympiques modernes en 1896, on aurait pu espérer voir le pugilat réapparaître entre la lutte et la boxe. Il n’en fut rien. de fait, jusqu’ici, il n’y a eu aucune tentative pour réintroduire ce sport alors que l’on disposait de suffisamment d’informations à son sujet. Mais, ces derniers temps, quelques personnes courageuses et décidées ont entrepris une longue marche pour sa renaissance, en dépit des difficultés rencontrées. Les Diipetes ont rencontré Lazare Savidis, maître en sports de combat et membre fondateur de la Fédération Hellénique du Pugilat ; à cette occasion, il leur exposa brièvement les tentatives en cours pour la restauration de ce sport typiquement hellénique et les difficultés qu’il rencontrait. Cette entreprise a pu voir le jour grâce au concours de E. Christopoulos qui a réuni un certain nombre de documents relatifs à ce sport dans son livre intitulé Le Pugilat Grec et le Karaté Japonais. Sa diffusion à l’étranger a permis l’instauration de Fédérations de pugilat grec-ancien en Espagne, au Portugal, en France, en Italie, aux Pays-Bas et en Norvège, avec l’espoir que ce phénomène fasse boule de neige et qu’il y ait à terme la création d’une Fédération Mondiale. À une époque où l’athlétisme est considéré comme une marchandise dépendante de l’offre et de la demande, source de revenus et de publicité pour quelques entrepreneurs sans scru­pules, à une époque où le public, passif, se contente d’un rôle de spectateur-consommateur, de telles initiatives méritent tous nos en­couragements. Les Philhellènes, adorateurs de sports de combats n’auront alors plus besoin, en entrant dans les salles, de mimer les Asiatiques, mais comme Grecs, la tête haute et le poing serré crier fort ce mot purement grec : CHAIRÉ ! {Salut Grec).

    ► Dimitri Tentas, Nouvelles de Synergies Européennes n°19, 1996.

    (tr. fr. : Yannis Yannapoulos)

    ♦ nota bene : lire aussi l'article sur l’héroïsme

     

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    Entretien avec Vlasis Rassias sur la renaissance du Paganisme en Grèce 

    vlasis10.jpg• Q. : Dans la préface de vos 3 volumes consacrés à l'Hellénisme, vous vous définissez comme « Hellen » (grec). Il ne s'agit pas seulement pour vous d'une simple appartenance nominale, mais aussi d'un éthos et d'une perception du divin. Pouvez-vous préciser ces notions ?

    V.R. : Quand un Païen de Grèce (Ethnikos) parle de la conception du divin, il s'agit en fait de la conception du Cosmos : le Tout (Pan) éternel, défini par mes ancêtres comme « infini mis en ordre » (Apeiron diatetagmenon). Le Cosmos est l'Être ultime, sans début ni fin. Toute chose, Dieux inclus, est née au sein de cet organisme éternel et universel. Comme nous le verrons plus loin, cette conception est assez importante parce qu'elle fonde clairement la différence entre Polythéisme et Monothéisme. 

    • Parlez-nous un peu de votre évolution spirituelle et culturelle.

    Comme tous mes compatriotes, je suis né au sein de l'Orthodoxie et j'ai subi le même lavage de cerveau : éthos et prêt-à-penser m'ont été imposés par mon éducation. Toutefois, j'ai eu la chance de posséder en mon for intérieur un daïmôn, une sorte de génie qui m'a préservé de ces opinions toutes faites. Ce même daïmôn m'a poussé, depuis mon plus jeune âge, à quitter les sentiers battus de la connaissance. Je me suis ainsi retrouvé, à l'âge de 16 ans, en train de lire, ou mieux, d'étudier, Nietzsche, Reich, Laing, et La Société du spectacle de Guy Debord. Vers 1980, je me définissais comme anti-autoritaire, ce que je suis resté. La rencontre avec un chaman indien m'a permis vers 1986 non point de voir le monde d'un œil plus "spirituel" — c'était déjà le cas depuis le début —, mais de me concentrer sur ma propre tradition grecque. La leçon de ce chaman était que je ne devais chercher la sagesse que dans la langue dans laquelle je rêve, sur le sol même où ma présente incarnation a choisi de vivre. Après à peine 2 ans d'études et de recherches à divers niveaux, j'en suis arrivé à jeter sur la tradition hellénique ce que j'appellerais aujourd'hui un regard "archaïque". J'ai pu également prendre connaissance d'un pan complètement méconnu de notre histoire : les persécutions et l'ethnocide subis par mes ancêtres de la part des Romains christianisés, que l'histoire officielle nomme "Byzantins" et que la culture dominante définit comme "Grecs". 

    • Qu'est-ce que le Paganisme pour vous ?

    J'essaie d'éviter ce terme "Paganistès" en raison de son sens péjoratif et moqueur. En fait, il s'agit d'un mot forgé par les Judéo-Chrétiens pour rabaisser tous ceux qui demeuraient fidèles à leurs propres divinités ancestrales. La même remarque s'applique par exemple au terme "idolâtre"… Pour ma part, je préfère user du mot Archaiothréskos (fidèle à l'ancienne religion) ou encore Ethnikos (Gentil ou bien fidèle aux Dieux, aux traditions et à l'éthos de mon ethnos, mon peuple). Quoi qu'il en soit, l’idée de Paganisme se rattache pour moi à toutes les religions naturelles et polythéistes de l'espèce humaine. Les peuples honorent chacun la nature sous certaines formes, dans toute la multiplicité de ses manifestations et éléments. Le Paganisme hellénique honore les Puissances et les Énergies de la Nature, à l'instar des autres religions pré-chrétiennes de l'Europe. Nous rendons aussi un culte à des “Idées”, qui dans notre vision du monde, sont considérées comme des déités individuelles, des Dieux, que l'esprit humain prend comme “enpneuseis” (in-spirées). Nous trouvons donc dans le Polythéisme hellénique des Dieux et des Déesses, telle qu'Eunomia, Harmonia, Dikè, de même que dans le Polythéisme romain, qui fut directement influencé par le système religieux des Grecs. 

    • Quels sont vos philosophes préférés ?

    J'éprouve un grand respect pour Empédocle et Héraclite, ainsi que pour Épictète et les Stoïciens, pour l'époque plus tardive. Comme tous les autres Ethnikoï de Grèce j'admire l'Empereur Julien et Georges Gémiste Pléthon, grâce à qui survécut cette volonté de retour à l'ancien éthos, à l'ancienne païdeia [éducation visant l'excellence], et ce, du IVe s. aux XVe-XVIe siècles, et ensuite jusqu'à nos jours. Si ces hommes n'avaient pas existé, on peut supposer que la domination de l'idéologie judéo-chrétienne aurait été totale. Julien fut davantage un symbole de résistance qu'autre chose : son règne fut trop court et son assassinat sauva vraiment le Christianisme du déclin. Un règne plus long, des individualités hors du commun auraient pu évincer le Judéo-Christianisme. Mais Julien fut assassiné et l'Histoire prit un autre chemin… que nous connaissons bien ! Quant à Pléthon, son importance est énorme, au moins pour nous autres Hellènes. En fait, Pléthon a constitué le lien entre l'Antiquité et le monde moderne. La Renaissance en Europe doit beaucoup à ses textes et à ses idées que ses disciples exilés de Byzance transmirent à l'Occident. 

    • Que pensez-vous du Christianisme et du Monothéisme ? 

    Le Christianisme a été un gigantesque stratagème pour asservir les peuples du monde à l'éthos judaïque. Il a surmonté l'obstacle de la non-appartenance au peuple juif, qui maintenait les Ethnikoï, les Païens, hors d'atteinte du peuple élu par le Dieu Yaveh. C'est Paul, dénommé l'Apôtre des Nations, qui fut, à Antioche, le réel fondateur du Christianisme, et nullement jésus. Nous pouvons voir aujourd'hui, dans le monde entier, les effets dévastateurs de cette duperie. Le monde entier est soumis à une terminologie à une chronologie et aux fadaises d'un éthos judéo-chrétien dominant sans partage là plupart des nations, qui, presque toutes, ont rejeté l'héritage pré-chrétien de leurs ancêtres. Certaines civilisations sont à ce point asservies que même leur histoire nationale semble commencer avec leur premier roi baptisé et chrétien ! Tous les peuples enseignent à leurs enfants que leurs ancêtres sont Abraham et autres Patriarches d'Israël, en un mot des nomades! C'est insupportable. Aucune nation ne peut exister sans son ethnologie, sans ses propres cosmologie et théogonie. (…) 

    Quant au Monothéisme, la vérité est que le préfixe "mono" n'a rien à voir avec un quelconque nombre de Dieu(x). Les prétendus Polythéistes sont évidemment conscients de l'unité du Cosmos, du grand Tout. De même, les religions soi-disant "mono"-théistes ne révèrent pas qu'un seul Dieu. Les Juifs sont "bi"-théistes et les Chrétiens "tri"-théistes, sans compter leur légions de saints et d'anges… qui font d'eux d'assez bons "poly"-théistes ! La vraie différence entre le Monothéisme et les religions païennes, polythéistes, réside dans le rapport du ou des Dieux au Cosmos. Pour la première vision du monde (Vl. Rassias use du terme "cosmovision", NDT), Dieu préexiste au monde, qu'il crée ex nihilo. Conception totalement antiscientifique puisque rien ne peut jamais être créé à partir du néant. Ce caractère hautement improbable de la cosmogonie monothéiste, alléguant l'existence d'un Dieu extérieur au Cosmos et la création de ce dernier par une entité préexistante, justifie l'élaboration de la pensée totalitaire. Le monde est une création de Yaveh. C'est à lui seul et à ses lois qu'il doit obéir. À tout moment, Yaveh peut le faire disparaître, selon son bon plaisir. Au contraire, dans les cosmogonies païennes, tous les Dieux sont soumis aux lois cosmiques. On a donc dans la vision du monde monothéiste l'archétype de la dictature et de la tyrannie, et de même qu'on dit que "ce qui est en haut est comme ce qui est en bas", de même on peut comprendre pourquoi les dogmes monothéistes ont été et restent les fondements de tous les systèmes totalitaires. 

    • Pouvez-vous expliquer les concepts suivants : ethnos, Ethnismos, Etinairatos, Ethnikismos

    Je vous renvoie pour les détails à mon dernier livre. Il est désolant que le lecteur européen n'ait pas un accès facile à ces textes en raison de l'obstacle linguistique. Mon essai étudie en effet le sens de ce préfixe “ethno”, ainsi que les relations des concepts qui en dérivent avec l'éthos pré-chrétien européen d'une part, avec l'éthos judéo-chrétien de l'autre. Ethnos ne signifie pas "nation" au sens contemporain, mais bien, au sens archaïque, société organisée selon un éthos particulier à un peuple spécifique. Dans ce livre, je critique le nationalisme (Ethnikismos) en tant que phénomène purement judéo-chrétien ; je propose à tous les peuples un retour aux antiques traditions ancestrales, aux voies et aux comportements propres à chacun. Aux antipodes de la culture, de la religion et des coutumes allogènes de l'ère vulgaire, qui, depuis des siècles, ont maintenu nos traditions sous une chape de plomb. 

    • Vos Dieux et vos Déesses tutélaires ? 

    Je vis une relation fort familière avec Zeus et Apollon. Je suis incapable de vous dire, par un discours construit, pourquoi il en est ainsi. C'est plus une impression, une émotion qu'un concept intellectuel. Outre le culte régulier que je leur rends, j'ai honoré Zeus en rédigeant un livre dédié à ce Dieu, où j'étudie ses 627 épithètes. C'est à ma connaissance l'étude la plus fouillée sur Zeus. Si les Dieux le veulent, ce livre sera publié, en grec, au mois de janvier 1997.  

    ► Antaïos n°11, 1996. [source]

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    Entretien avec les éditeurs de la revue “Diipetes”

    • Q. : Qui êtes-vous ? 

    diipco10.gifR. : Nous sommes un groupe de jeunes gens qui se sont sentis obligés de sortir de l'impasse dans laquelle semble s'être fourvoyée une civilisation sombrant dans la barbarie, et qui, depuis des siècles, a nié et arasé trop de différences. Nous tentons de défendre, d'illustrer et d'honorer l'esprit, la voie et la tradition de nos ancêtres pré-chrétiens. La civilisation antique fut brillante et sans égal. Caractère sacré et divin de la Nature, respect et adoration de cette dernière, autonomie et participation des citoyens à la vie sociale et politique, liberté, excellence, amour et harmonie, acceptation joyeuse de la vie, tout cela fut vraiment unique. 

    Nous avons publié un livre de N.C. Pennick (Wasting the Earth : Practical Results of Religious and Political Theories against Nature, 1994), un essai de S. Eyes (Psychedelic Mysteries, 1995). Notre collaborateur Vlasis Rassias a également publié 3 volumes (voir plus haut) et traduit en grec Odinism and the Occult (1996), une publication de l'Odinic Rite britannique. Il a enfin publié son dernier essai Ethnos, Ethnismos, Ethnokratos, Ethnokismos, qui est une sorte de clarification de l'antique concept d'Ethnos-nation, totalement différent tant de l'Ethnos-État que du nationalisme modernes. 

    • Que signifie pour vous le terme Paganisme

    Pour nous, Paganisme signifie retour de l'archaïque. La renaissance des authentiques religions natives, des voies et de l'éthos propres à chaque peuple, est sans doute le seul avenir pour une humanité bloquée dans l'impasse socio-politique et de la destruction du cadre naturel, victime de l'explosion de la criminalité, du racisme et de l'intolérance politico-religieuse. La vision païenne du monde, qui considère la Nature comme divine et l'humanité comme faisant partie de celle-ci et devant vivre en harmonie avec l'univers, est la solution la plus sage en vue d'une restauration de l'équilibre écologique et social. 

    • Quels sont vos philosophes préférés ? 

    Nous n'avons pas vraiment de philosophes préférés. Nous nous intéressons aux discours et aux actes quotidiens de l'homme grec. Mais nous nous inspirons des présocratiques (Héraclite, Anaximandre, Phérécide, Empédocle) et de certains "post-chrétiens" qui ont défendu l'Hellénisme (Plotin, Gémiste Pléthon, Giordano Bruno). 

    • Peut-on parler tradition païenne ininterrompue en Grèce ? 

    Après l'éradication des structures civiques grecques et leur unification violente sous la poigne centralisatrice des empires romain et byzantin, aucune tradition explicitement païenne n'a pu survivre. Toutefois, de nombreuses fêtes ne furent pas interdites et survécurent sous un déguisement vaguement chrétien. C'est le cas des "Anastenaria" célébrées annuellement dans certains villages de la Grèce du Nord. Les participants y dansent pieds nus, en transe, sur des charbons ardents. Cette coutume remonte à la Grèce antique… même si elle est censée honorer saint Constantin et sainte Hélène ! Ce qui n'empêche pas le haut clergé orthodoxe d'essayer de supprimer ces fêtes ! 

    Encore plus impressionnantes sont les fêtes séculaires appelées dans de nombreux villages “Apokries”, qui n'ont absolument rien de chrétien. En effet, l’Église pourrait difficilement revendiquer comme chrétiennes des fêtes où les gens boivent, dansent et révèrent un énorme phallus orné de guirlandes de feuilles de vigne ! Ces fêtes dérivent directement des cultes dionysiaques. Toutefois, il ne s'agit évidemment pas d'un culte conscient à Dionysos. Nous n'avons probablement pas de prédécesseurs à l'époque moderne. Tout un chacun a toujours parlé de culture orthodoxe grecque. D'après nous, ce concept est hybride et incohérent. Il y a bien eu au XXe siècle des intellectuels pour défendre ouvertement le Paganisme, comme par ex. K. Simopoulos, le poète A. Sikélianos, etc. Il a sans doute de tout temps existé des familles qui honoraient les anciens Dieux en secret. Mais les premières expressions et défenses publiques de l'âme et des Dieux antiques ont été les livres de V. Rassias, la revue Diipetes et quelques textes publiés dans la revue underground "Cité ouverte". 

    • Que pensez-vous du Christianisme ? Quels sont vos rapports avec l'Église orthodoxe ? 

    Le Christianisme doit être critiqué pour avoir éradiqué de multiples civilisations indigènes : les Grecs, les Indiens d'Amérique… et bien des Européens. Le même ethnocide est en ce moment perpétré contre des tribus d'Amazonie, en Afrique et dans le Pacifique. Chacun a le droit d'exprimer ses convictions, même si nous pensons que le désastre écologique et social, le déclin politique et culturel sont dus principalement à la mentalité héritée de l'absolutisme monothéiste. Nous ne croyons pas un seul instant qu'un Dieu unique ait créé l'univers ex nihilo pour le contrôler tout en récompensant ceux qui lui sont dociles et en châtiant cruellement les "infidèles». La Nature elle-même nous enseigne l'Unité par la Multiplicité et vice versa. Quant à nos relations avec l'Église, elles sont inexistantes. Elle pense sans doute que la meilleure politique à notre égard est la conspiration du silence. Toutefois, à l'occasion de notre solstice d'été sur le Mont Olympe, qui a rassemblé 350 personnes, le clergé local s'est mobilisé contre nous et a exigé d'un ton menaçant l'interdiction de la fête. Être Païen n'est donc pas facile dans la Grèce d'aujourd'hui, vu le contrôle exercé par l'Église dans bien des secteurs de la vie sociale. 

    • Que signifie Diipétès

    Diipetes est une épithète homérique signifiant “qui tombe de Zeus, ou du ciel” et “limpide, pur”. Nombre de statuettes semblent avoir été des “diipéti”, c'est-à-dire tombées du ciel et adressés à nous par Zeus.  

    • Quid de la Wicca et du Nouvel Âge ? 

    Nous reconnaissons bien sûr aux adeptes de la “Wicca” et du “Nouvel Âge” le droit de pratiquer librement leur culte. Mais nous pensons avoir le droit de critiquer cette mouvance, ces tendances que nous considérons comme artificielles et dépourvues de références historiques, hétéroclites. En un mot, il s'agit d'une sorte d'auberge espagnole. D'autre part, leur universalisme foncier est étranger aux antiques Paganismes, qui se fondent sur la différenciation et la localisation. S'ils se présentent comme "Païens", ils sont plutôt des adorateurs de la nature… à la mode chrétienne. 

    • Avez-vous des Dieux et des Déesses tutélaires ? 

    Beaucoup d'entre nous sont reliés à un Dieu ou à une Déesse en particulier, et ce, en fonction d'événements personnels. Pour ce qui concerne la revue proprement dite, notre inspirateur est le Dieu Apollon. Ainsi qu'Athéna, Déesse combattante de la Sagesse.  

    ► Antaïos n°11, 1996

     


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